Les rumeurs, la pire crainte des candidats dans la dernière ligne droite

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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À quelques jours du premier tour de la présidentielle, les candidats redoutent plus que tout qu'une rumeur ne fasse son apparition.

La politique c’est la peur de la rumeur qui resurgit en cette fin de campagne présidentielle, la rumeur qui s’emballe et que l’on ne maîtrise plus. Et c’est Emmanuel Macron qui en est à la fois la cible et le révélateur.

"Vous allez entendre dire que j’ai un compte caché dans un paradis fiscal, vous allez l’entendre mais c’est totalement faux". Voilà l’annonce d’Emmanuel Macron. Les fameux millions prétendument caché de l’ancien banquier. C’est la deuxième fois qu’Emmanuel Macron utilise cette technique de communication politique qui consiste à rendre publique une rumeur qui le concerne, à la devancer pour la contrer. En février il avait démenti  l’existence d’une relation homosexuelle que la rumeur lui prêtait avec un patron de média. Et en cette fin de campagne un autre candidat redoute que des rumeurs viennent abimer son image, c’est Jean-Luc Mélenchon mis en cause pour ses sympathies avec le régime vénézuélien ; il appelle ses troupes à riposter sur les réseaux sociaux si d’autres "fables" comme il dit visent à dénigrer sa candidature.

La rumeur c’est un classique de la vie politique,  on  se souvient de l’affaire Markovic contre les Pompidou par exemple en 1968. Pourquoi les candidats s’en méfient aujourd’hui au point de la devancer ?

La rumeur c’est le plus vieux média du monde mais qu’est-ce qui a changé en 2017 pour que la rumeur soit révélée  alors qu’elle en est au stade embryonnaire ? L’influence des réseaux sociaux. On est passé du ragot du village à une déferlante qui en quelques heures, se diffuse comme un gigantesque bouche-à-oreille et qui devient incontrôlable. La boule puante devient une bombe puante. À quelques jours du premier tour, les candidats ont peur des égouts du web parce qu’à la différence de 2007 ou 2012, la résonance des réseaux sociaux pèse dans les campagnes électorales. 48 heures avant la primaire de la droite, les caricatures et rumeurs sur Ali Juppé, l’ami des islamistes, déferlent sur le net. Plus éloquent, la puissance de Donald Trump sur la toile épaulés par des sites puissants pratiquant la désinformation. L’élection américaine est la première qui a été à ce point impactée par les réseaux sociaux, et les prétendant à l’Élysée en France l’ont parfaitement intégré.