Pourquoi le débat de la primaire de la droite et du centre angoisse François Hollande ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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François Hollande regardera le second débat de la primaire de la droite et du centre avec le plus grand intérêt.

La politique c’est le deuxième débat de la primaire de la droite et du centre, un débat qui intéresse l’Élysée et préoccupe au premier chef le président ?

Il regardera ce deuxième débat en direct, ou en replay comme il l’avait fait pour le premier débat, mais il le regardera, il le disséquera.  Pour évaluer l’adversaire, bien sûr,  mais aussi parce que le premier débat a suscité chez lui un sentiment d’inquiétude. Il est inquiet pour lui et parce qu’il voit un ancien Chef de l’État, Nicolas Sarkozy, derrière un pupitre au milieu de ses anciens ministres, il voit  l’abaissement de la fonction, du statut. "C’est un problème" confie-t-il en privé, et ce n’est pas par compassion pour Nicolas Sarkozy, non, c’est un problème parce que c’est ce qui l’attend. Ce sera même pire ! Lui, s’il se présente, sera un président encore exercice derrière son petit pupitre coincé entre Gérard Filoche, François de Rugy, Benoit Hamon et Arnaud Montebourg. Même pour un président normal, cette image est difficilement concevable pour François Hollande.

Ce serait inédit d’ailleurs, ça n’est jamais arrivé sous la 5e république, mais s’il est candidat il n’a pas le choix, il devra passer par la primaire.

Oui il n’a pas le choix mais c’est vrai qu’il ne pensait pas en arriver là. Donc c’est un sujet. Comment l’aborder ? En s’exposant le moins possible, en ne rentrant pas dans le fight comme le fait Nicolas Sarkozy. François Hollande lui veut incarner celui qui rassemble ou à défaut le plus petit dénominateur commun. Donc il dit "je vais écouter ceux qui me critiquent, prendre chez eux ce qu’il y a de positif : le made in France d’Arnaud Montebourg, le revenu universel de Benoît Hamon". Zen, à l’écoute. Et tout faire pour protéger autant que faire se peut ce qui le distingue des autres. Le calendrier va l’y aider : la primaire de gauche va se jouer en janvier, la saison des vœux. Une quinzaine de discours de président de la République qui mettront en avant son statut par rapport à ses concurrents, une maigre protection sur laquelle François Hollande compte.