Nicolas Sarkozy renonce au "ni-ni" pour la présidentielle

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le revirement du candidat sur la question brouille le message qu'il adresse aux électeurs du Front national depuis le début de sa campagne.

Nicolas Sarkozy amende le "ni-ni" vis-à-vis du FN. En cas de duel Marine le Pen/François Hollande au second tour de la présidentielle, il voterait François Hollande. Il le justifie, mais ça brouille sa campagne tournée vers les électeurs du FN.

Le "ni-ni" pour l’élection du président du département de la Lozère, le front républicain pour l’élection présidentielle…. Ça n’est pas un reniement, c’est une précision explique Nicolas Sarkozy. Distribuer le RSA ou gérer les routes ça n’est pas le même enjeu que détenir les codes nucléaires. Donc non pas de renoncement au "ni-ni", c’est le "ni-ni sauf si", sauf s’il s’agit de la présidentielle. Le problème c’est que toute la campagne de Nicolas Sarkozy se fait en direction des électeurs tentés par le Front National et eux ils entendent : François Hollande vaut mieux que Marine Le Pen. 

Ça brouille un peu son positionnement dans la campagne, et ça pose la question des alliances aux législatives qui suivront la présidentielle : en cas de duel PS/FN, que préconiseront les Républicains ? Le débat resurgira immanquablement et il embarrasse tout le monde à l’image d’Alain Juppé qui a changé de pied sur ce sujet souvent ces dernières années. En 2014, pour les municipales, Alain Juppé dénonce le piège tendu à la droite. Ce piège qui permet au FN de renvoyer dos-dos droite et gauche c’est l’UMPS. Revirement en 2015, législative partielle dans le Doubs, duel PS/FN. Le même Alain Juppé plaide pour le front Républicain, à titre personnel précise-t-il, l’UMP à l’époque n’avait pas donné de consigne de votes.

La réalité c’est que le "ni-ni" est aujourd’hui majoritaire au sein des Républicains. La porosité des électorats de droite et du FN est avérée. Lors des dernières régionales, 55 % des sympathisants UMP et 60% de ceux du FN étaient favorables à des accords électoraux. Le cordon sanitaire instauré par Jacques Chirac en 1986 qui interdisait à l’assemblée tous contacts physiques entre les élus RPR-UDF et les 35 élus FN n’est plus du tout étanche aujourd’hui.