La Syrie s'invite dans la campagne présidentielle

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Certains candidats considèrent Bachar al-Assad comme un allié dans la guerre contre Daech.

La politique Antonin André c’est la Syrie qui s’invite dans la campagne présidentielle avec l’attaque chimique contre un village syrien qui a fait 72 morts civils, dont 20 enfants. Attaque imputée au régime de Bachar al-Assad que certains parmi les candidats considèrent comme un allié dans la guerre contre Daech.

La colère d’Alain Juppé rappelle les candidats  à leur responsabilité : "Les tenants de la realpolitik,  écrit-il sur tweeter, vont-ils encore oser nous expliquer que le régime de Bachar-Al Assad est un partenaire fréquentable ?". Principal visé : François Fillon qui défend l’idée d’un dialogue avec Bachar-al Assad.

Une position qui lui a d’ailleurs valu de recevoir en retour le soutien du dictateur syrien en janvier lors d’une interview donnée à  des médias Français. Mais François Fillon n’est pas le seul, Jean-Luc Mélenchon lui aussi est ambiguë lorsqu’il explique que c’est au peuple syrien de décider du destin de Bacha Al-Assad, il même a par le passé défendu l’idée d’un dialogue direct avec le dictateur syrien.

Je ne parle pas de Marine Le Pen qui considère que Bachar Al Assad est le sauveur garant d’une solution viable face au terrorisme. Pareil pour Nicolas Dupont Aignan qui défend la légitimité du boucher de Damas.

 

Pour Emmanuel Macron et Benoît Hamon il n’y a chez eux aucune ambiguïté : ils condamnent le régime.


Oui Bachar Al Assad devra répondre de ses crimes, c’est un dictateur, il doit partir, pour Emmanuel Macron comme pour Benoit Hamon. Mais, eux aussi sont pris au piège de la hiérarchie de l’horreur : Emmanuel Macron l’a redit hier, la priorité c’est d’éradiquer le terrorisme islamiste qui est une menace. L’ennemi de la France c’est Daech, l’ennemi du peuple syrien c’est Bachar Al Assad, complète Emmanuel Macron.

Pourquoi cette prudence ?  Parce que la real politik dont parlait Alain Juppé, est  en l’espèce est liée à  la campagne électorale. Les attentats en France qui ont traumatisé ce pays, la crise des migrants que certains instrumentalisent pour jouer sur les peurs. Tout cela imprègne la campagne et incite y compris les adversaires du régime syrien à comment dire, regarder ailleurs, on est en plein cynisme. Mais  ça s’explique par le fait que les  morts syriens pèsent moins dans la campagne électorale que ceux du terrorisme qui sont tombés chez nous.