Jean-Luc Mélenchon et le dégagisme

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Jean-Luc Melenchon rejette tout accord avec le PS de Benoît Hamon, qu'il compare au PS de Ben Ali et se cache derrière le néologisme "dégagisme".

La politique c’est Jean-Luc Mélenchon qui rejette tout accord avec le PS  de Benoît Hamon. Ses porte-parole évoquent le “dégagisme”, dernière version  de “l’anti-système”.

L’insoumis Jean-Luc Mélenchon compare le PS de Benoît Hamon au PS de Ben Ali, le dictateur tunisien chassé du pouvoir en 2011. Preuve que Jean-Luc Mélenchon que l’on croyait apaisé, adouci, est redevenu plus agressif depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire. Pourquoi ? Parce qu’il n’avait pas anticipé sa victoire et que Benoît Hamon est un rival très sérieux. Jean-Luc Mélenchon invoque donc la colère du peuple, pour le rejeter, pour le dégager.  Il parle de  dégagisme c’est choc, ça claque, c’est chic même de brandir un néologisme. Mais c’est totalement usurpé. D’abord La gauche de gouvernement a été élue démocratiquement en France. Nous ne sommes pas en dictature, et surtout le propre du dégagisme de la révolution tunisienne c’est que c’est un mouvement du peuple, de la foule, des anonymes, pas un mouvement au service de la conquête du pouvoir d’un homme en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon.

L’idée du candidat “anti-stystème” c’est le refus des partis, des vieilles combines. C’est un positionnement politique que d’autres candidats partagent aujourd’hui.

Sauf que derrière le slogan, les candidats anti-système sont un peu amnésiques. L’anti-système Jean-Luc Mélenchon est entré en politique à l’UNEF dans les années 70, sénateur pour la première fois en 1986, Mitterrandien, Jospinien, ministre… Jean-Luc Mélenchon il a quitté le PS en 2008, c’était hier, après y avoir passé tenez-vous bien : 32 ans. Il s’est présenté à l’élection présidentielle en 2012 et il s’est fait dégager. Vous avez raison, il n’est pas le seul. Marine Le Pen pur produit d’une dynastie politique les Le Pen, elle a sa carte du parti depuis l’âge de 18 ans, première campagne électorale en 1993, conseillère régionale en 1998. Et le troisième anti-système, Emmanuel Macron, Enarque, propulsé au cœur du pouvoir à l’Elysée puis à Bercy.

Mais ça marche, ils sont hauts dans les sondages.

Ça marche parce que c’est séduisant, c’est subversif, c’est les ringards d’un côté les modernes de l’autre. Et surtout ça permet de masquer un  projet, ou plutôt l’absence de projet. Emmanuel Macron, on n’a toujours pas le programme. Le FN  n’a toujours pas tranché son programme économique. Jean-Luc Mélenchon Insoumis est contre à peu près tout, et son programme se résume à 10 mesures, un peu court pour une présidentielle.