Immigration : la France peut faire plus !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Emmanuel Macron rencontre les migrants jeudi matin à Orléans. Un sujet sur lequel la France peut faire plus et mieux que ce qu'elle propose actuellement.

Emmanuel Macron rencontre les migrants jeudi matin lors d'un déplacement à Orléans et rencontre de familles de réfugiés. L'immigration, un sujet fort pour le chef de l'Etat ?

La présidence de la République a annoncé que le chef de l’Etat prononcerait jeudi un discours "important", et "fondateur" de sa politique en matière d’immigration. En attendant d’entendre le discours qu’il prononcera, et alors qu’une dizaine de personnes, dont des femmes enceintes, sont mortes il y a deux jours au large de la Libye, rappelons à Emmanuel Macron quelques unes de ses promesses de campagne sur le sujet. "L’immigration ne devrait pas inquiéter la population française […] elle se révèle une chance d’un point de vue économique, culturel, social", avait affirmé le candidat En Marche. La France doit "assumer sa juste part" dans l’accueil de réfugiés, avait-il déclaré, se gardant il est vrai, de fixer des objectifs chiffrés. Rappelons aussi que le candidat Macron avait applaudi Angela Merkel lorsque celle-ci avait décidé d’ouvrir grand les portes de l’Allemagne aux réfugiés bloqués sur ce qu’on appelle la route des Balkans. Une fois élu, le chef de l’Etat, lors d’un conseil européen en juin, avait parlé des "décisions courageuses" de la chancelière. "Nous devons accueillir des réfugiés car c'est notre tradition et notre honneur". Et Emmanuel Macron de conclure : "Nous devons faire preuve de solidarité quand un de nos voisins fait face à des arrivées massives de réfugiés ou de migrants."

C’est là que le bât commence à blesser ?

En effet, car non Monsieur Macron, la France n’est pas solidaire en ce moment de l’Italie où affluent des milliers de migrants. Non Monsieur Macron, la France n’assume pas sa "juste part". Notre voisin italien, beaucoup plus généreux que nous, est à bout de souffle. Et nous, qu’entend-on sur ce sujet ? Un ministre de l’Intérieur, qui accompagne d’ailleurs aujourd’hui le président à Orléans, parler de "kystes" à propos des ONG qui viennent en aide aux migrants à Calais. Qu’entend-on à Tarbes où un hôtel sert de centre d’accueil ? Que des habitants ont construit un mur devant sa porte, avant, dieu soit loué, de le détruire le lendemain. Que lit-on ? Un rapport d’une ONG internationale dénoncer "les violences policières" envers les réfugiés désireux, à Calais, de passer en Angleterre. Que lit-on encore ? Qu’un militant qui organise dans la vallée de la Roya un réseau de solidarité, pour pallier en quelque sorte le déficit de la générosité d’Etat, risque une nouvelle fois de passer par les tribunaux.

Bien sûr le sujet est compliqué, et la France pour citer cette phrase célèbre de Michel Rocard, "ne peut pas accueillir toute la misère du monde". Mais oui, la France peut faire plus. Oui, la France doit accentuer la pression sur la Hongrie, l’Autriche ou la Pologne, qui mènent en la matière des politiques indignes du rêve européen. Oui, de nombreuses initiatives locales démontrent que les Français savent être généreux, et que la frilosité, la peur, la xénophobie, encouragés parfois par certains élus, et pas seulement au Front national, peuvent être combattus avec succès. Ces initiatives doivent se multiplier. Elles doivent aussi être encouragées, certes par un discours "fondateur", mais aussi par des actes et une politique plus volontariste, plus généreuse, au plus haut niveau de l’Etat.