Dégagisme Acte 2 : le souffle de Macron sur les législatives

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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À quelques semaines des législatives, Antonin André nous livre son édito politique.

La politique, une élection chasse l’autre, mais à l’image de l’élection présidentielle, les législatives semblent suivre la même vague souhaitée par les Français. On appelle ça le dégagisme ou le renouvellement.

L’élection chamboule-tout épisode 2. Chamboule-tout l’expression est de Laurent Fabius pour qualifier la victoire d’Emmanuel Macron, lors de son discours d’investiture il tient ce commentaire désuet : "le chamboule-tout". Expression surannée d’ un homme politique qui côtoie le pouvoir depuis 1978, déboussolé par ce vent de renouveau qui souffle sur la politique. La raison on la connaît : le discrédit de la classe politique. Les affaires, les échecs, la déconnexion vis-à-vis des électeurs. Cette vague du renouveau elle vient de loin et laisse échoués sur la plage quelques illustres noyés : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé. Effrayés, acculés par le non-cumul des mandats, certains se replient sur leur mairie, quelques-uns tout de même qui s’accrochent à l’image du socialiste Gérard Bapt à l’assaut de son 9e mandat, en décalage totale avec une aspiration au renouvellement dont on ne mesure pas l’ampleur et qui est sans précédent sous la 5e république. La nouvelle assemblée pourrait être composée pour moitié de nouveaux visages.

Au-delà du rejet de la classe politique, on peut parler d’un besoin de renouvellement des pratiques voulu par les Français ?

Votez pour un visage que vous connaissez, votre député ! Le monde change, le chômage augmente, les affaires s’accumulent. Seul le visage de mon député ne change pas. Les électeurs ont changé de paradigme brutalement. Du désenchantement, ils sont passés au dégoût puis aujourd’hui à une volonté de reprise en main du pouvoir par les citoyens. Ce mouvement est si radical qu’il est devenu l’argument central de la campagne. Jusqu’aux Républicains, ce week-end réunis au Parc Floral ils ont donné la parole des inconnus candidats pour la première fois. Du coup ceux qui se présentaient il y a peu comme les nouveaux visages sont aujourd’hui ringardisés par la vague du renouveau. Nathalie Kosciusko Morizet à Paris est menacée, Najat Vallaud Belkacem à Lyon, Cécile Duflot. Ces jeunes femmes identifiées à la relève d’un monde ancien risquent d’être emportées avec lui à l’occasion de ces législatives.