Où en est-on en Ukraine, alors que se réunissent les ministres de la Défense de l’OTAN ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

L’Ukraine est devenue un embarras pour l’OTAN

Les ministres de la défense de l’Alliance atlantique se réunissent aujourd’hui et demain à Bruxelles. Ils évoqueront l’avenir de l’alliance contre Daech et la situation dramatique en Afghanistan mais l’Ukraine n’est pas à l’ordre du jour, ce qui est un paradoxe.

Oui parce qu’on pourrait se dire que l’Ukraine est un dossier majeur pour l’Europe et donc pour l’Alliance atlantique face à une Russie qui conserve sur place un pouvoir de nuisance considérable. Le problème, c’est que l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN et ne risque pas de le devenir de sitôt alors que c’est pourtant son vœu le plus cher. Les pays membres de l’OTAN, dont la France et l’Allemagne qui pilotent ce qu’on appelle le processus de Minsk pour parvenir à la paix en Ukraine, savent bien que toute adhésion de Kiev à l’Alliance serait interprétée comme une déclaration de guerre par Moscou. Et qu'il vaut mieux garder intacte la cohésion de l’OTAN et de l’Union européenne pour maintenir les sanctions contre la Russie tant que Vladimir Poutine reste solidaire des milices pro-russes dans le Donbass.

Combien de temps ce face à face peut-il durer ?

Pas éternellement. Vladimir Poutine en septembre a proposé de sortir par le haut de cette situation en proposant que l'ONU envoie des casques bleus sur le terrain afin de geler les lignes de front et de garantir la neutralité des forces de l’OSCE chargées de surveiller le conflit. Il est volontairement resté dans le flou sur les modalités de mise en œuvre et, à Paris comme à Washington, on doute de sa bonne volonté à s’engager dans ce processus. Mais selon certains experts, comme l’ancien N°2 américain de l’OTAN Alexander Vershbow, cela traduit une volonté de se débarrasser de ce sparadrap qu’est devenu le Donbass, qui finit par coûter cher à la Russie et nuit à sa crédibilité.

En attendant, l’OTAN reste vigilante ?

Elle ne peut pas agir sur le terrain en Ukraine avec des forces mais elle s’est intensément mobilisée pour rassurer les voisins de l’Ukraine membres de l’OTAN comme la Pologne ou la Roumanie. Et elle devrait décider demain de créer un nouveau commandement militaire au sein de l’Alliance chargé uniquement d’améliorer la mobilité des troupes et des équipements en Europe, sous-entendu à l’Est de l’Europe.