Chine-Vatican : vers un accord historique ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Virginie Riva revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Virginie Riva remplace Didier François le lundi 30 octobre 2017.

Va-t-on vers un accord historique entre la Chine communiste et le Vatican ?

Le pape François a lui-même annoncé sa venue prochaine en Chine.

Alors que les deux pays n’entretiennent aucun rapport depuis 1949, le pape pousse de plus en plus pour un accord historique avec la Chine ?  

Le pape François a même annoncé une visite prochaine en Chine devant une délégation de religieux chinois venus au Vatican au début du mois. L'information n'avait absolument pas filtrée, elle n'a été révélée que la semaine dernière par un média catholique italien. Entre temps, en Chine, en marge du Congrès du Parti communiste, le haut responsable des Affaires religieuses louait le caractère amical du pape envers la Chine.

Derrière ces politesses, se cache l'une des négociations les plus secrètes menées par le Vatican avec les officiels chinois depuis 2014. C'est pour François une obsession de parvenir à un accord avec ce pays qui ne reconnait pas l'existence du Saint Siège. Pas si étonnant pour un jésuite, ce sont eux qui ont évangélisé la Chine.

Quel est l’enjeu de ce rapprochement ? La diplomatie vaticane ne vise ni le commerce, ni la coopération militaire puisqu’ils n’ont ni territoire ni armée.

Non, l’enjeu est d'abord religieux puisqu’il s’agit de protéger les catholiques. En Chine, ils sont bâillonnés, voire persécutés. Depuis des années, des évêques manquent à l’appel, sans que l’on sache s’ils sont emprisonnés, vivants ou morts. On ne connait même pas le nombre exact des catholiques, entre 6 ou 14 millions. 

Ils sont divisés entre deux Églises. L’une, clandestine, qui est tournée vers Rome, et l’autre, totalement encadrée par Pékin.

L'accord qui est en train de se sceller tourne autour de la nomination des évêques chinois. Partout dans le monde ils sont nommés par Rome. Prérogative que refusait jusqu'alors Pékin, car reconnaître cette compétence au Saint Siège cela reviendrait à prendre le risque d'une ingérence possible d’une puissance étrangère dans ses affaires.

Pékin serait pourtant en train de valider l'hypothèse d'une liste d'évêques proposés par Pékin mais approuvée in fine par le pape. En échange, Le Vatican et ses évêques en Chine s'engageraient à ne pas faire d'ingérence dans les affaires internes de la Chine et notamment au Tibet.

C'est ce qu'on appelle la politique des petits pas. Mais on peut imaginer, qu' à terme, le pape tente d'exercer une influence politique sur les thématiques qui lui tiennent à cœur comme le climat ou le développement.