Quels contours pour la future politique monétaire ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Vendredi soir, le monde des affaires aura le regard tourné vendredi soir vers les Etats Unis où les dirigeants des banques centrales vont donner le LA de la politique monétaire pour l'année à venir.

Le monde des affaires aura le regard tourné vendredi soir vers la vallée de Jackson Hole, au cœur du Wyoming aux Etats Unis. C'est là que se réunissent chaque année les dirigeants des banques centrales pour donner le LA de la politique monétaire pour l'année à venir... Ils sont arrivés sur place jeudi et les discours de ce soir sont très attendus.


Ces discours vont être scrutés à loupe, décortiqués, analysés. C'est LE rendez-vous du monde de la finance. Il y aura notamment les discours de la présidente de la FED, (la Banque centrale américaine) Janet Yellen, et celui de Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne.


Ce que tout le monde attend, ce sont les premiers contours de la futur politique monétaire. Tout ne sera pas dévoilé vendredi soir, mais des signes pourraient être envoyés. Rappelons que c’est une année cruciale car depuis dix ans, (depuis le début de la crise des subprimes), les banques centrales sont en première ligne pour amortir les conséquences de cette crise et tenter de relancer l'économie.


Pendant 10 ans, elles ont mis l'économie sous perfusion. Sauf qu'aujourd'hui, les signaux sont au vert, il est donc temps de retirer cette perfusion. C’est même extrêmement important car cela perturbe complètement les circuits traditionnels de l'économie. C'est devenu une véritable drogue pour le système et le risque, c'est que la bulle explose provoquant… une nouvelle crise.


Et concrètement, enlever la perfusion ça veut dire quoi ?


Ça veut dire relever les taux directeurs, les taux d'intérêt. La FED a déjà progressivement commencé à le faire. Ça veut dire également arrêter d'injecter des liquidités dans l'économie en rachetant massivement des titres, et notamment, des emprunts d'état. Là aussi la Banque centrale américaine devrait progressivement stopper la machine à partir du mois de septembre.


Mais tout ça, en douceur, pas à pas, car des menaces pèsent aujourd’hui sur la reprise avec Donald Trump a la tête des Etats-Unis. Ses promesses de réforme fiscale et de plan de relance tardent à venir et ses extravagances inquiètent les marchés. La Banque centrale américaine reste donc prudente.


De son côté, l’Europe est carrément à la traîne. Pour l'instant, elle n’agit ni sur les taux, ni sur l'achat de titre. Tout est laissé sous perfusion. Alors bien sûr, la reprise est plus récente, plus fragile, mais surtout Mario Draghi a tenté cet été un micro-retrait de cette perfusion et cela été un échec qui a provoqué une flambée de l'euro. Vendredi soir, il doit donc se montrer plus modéré tout en montrant qu'il compte bien agir. Il doit à la fois ne pas affoler tout le monde, tout en montrant que la fête est finie.


Celui qui est avait été surnommé Super Mario au début de la crise va devoir prouver qu'il maitrise le jeu jusqu'au bout.