L'économie mondiale risque de vivre une nouvelle crise majeure, d'après le FMI

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Plusieurs éléments sont de nature à créer une nouvelle crise au niveau mondial, selon le FMI. Cette menace est à prendre au sérieux, analyse Nicolas Barré, du journal Les Échos.

L'alerte vient du FMI, qui a publié mercredi un scénario catastrophe dans lequel l'économie mondiale ressemble au Titanic avant son naufrage. Pour deux raisons, les indicateurs font penser au célèbre paquebot naufragé en avril 1912. Comme le Titanic avant la collision avec un iceberg, l'économie mondiale accélère : le Fonds monétaire international vient ainsi de revoir ses prévisions de croissance à la hausse, laissant croire à une reprise durable dans de nombreux pays.

Trop d'argent dans l'économie mondiale. Mais les soutes sont de plus en plus lestées de dettes. "Alors que l'eau semble calme, les problèmes s'accumulent sous la surface et risquent de torpiller la reprise mondiale et donc de déboucher sur une crise financière mondiale comme en 2008". Comment l'expliquer ? Il y a d'abord trop d'argent dans le système financier, ce qui est une conséquence de la crise bancaire puis financière de 2008. À l'époque, les banques centrales avaient injecté de nombreux fonds dans l'économie pour sauver ces établissements too big to fail, trop gros pour s'effondrer. Cela a fini par créer des risques de bulles financières.

Le boulet de la dette. Ensuite, il y a trop de dettes dans le monde : les pays du G20 traînent un boulet de dettes qui représente plus de deux années de PIB. Si les taux d'intérêt remontent, et ils risquent de le faire, ces pays vont se retrouver étranglés. Enfin, l'ambiance de fuite en avant financière en Chine n'est pas du genre à rassurer les acteurs des différents marchés, alors que l'économie du pays revêtait jusqu'à présent une certaine stabilité. On aboutit à un cocktail détonant justifiant l'alerte du FMI : "Si rien ne change, nous allons revivre la crise de 2008." Nous voilà prévenus.