Les Allemands très méchants avec les Grecs

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Berlin fait preuve d’intransigeance dans le sauvetage de la Grèce, une raideur qui ne change pas.

L'édito éco de Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos. Bonjour Nicolas.

Pour son baptême du feu européen, le nouveau ministre des Finances Bruno Le Maire est tombé sur un os. Un os allemand. Berlin en effet fait preuve d’intransigeance dans le sauvetage de la Grèce. Oui c’est un brutal retour sur terre pour Bruno Le Maire. Les phrases aimables entre ministres c’est une chose. Mais s’agissant de la crise grecque, les Allemands font preuve d’une raideur qui ne change pas. Tout le monde connaît l’histoire : la Grèce est surendettée parce que les gouvernements successifs ont très mal géré le pays, n’ont rien fait pour lutter contre l’évasion fiscale et que tout le monde, y compris les banques allemandes, a prêté à ce pays les yeux fermés.

Mais depuis, les Grecs ont fait beaucoup d’efforts

Des efforts comme aucun pays européen n’en a fait : baisse des salaires, baisse des retraites, réduction dramatique de très nombreuses aides sociales, hausse des impôts ! Les Grecs ont accepté des sacrifices énormes mais tout le monde sait depuis le début de cette crise grecque, depuis 8 ans, nous l’avons dit à ce micro, que même avec tous ces efforts, le pays ne pourrait jamais s’en sortir sans un effacement d’une partie de sa dette. C’est incontournable. C’est quasi mathématique.

Or les Allemands refusent toujours.

Ils refusent, ce qui fait que les Européens ne peuvent pas débloquer une nouvelle tranche d’aide qui doit permettre à l’Etat grec de passer l’été. Ce refus de comptable est dramatique car il y a un moment où le remède devient pire que le mal : la société grecque est arrivée au bout de ce qu’elle peut supporter et si la situation dégénère, si l’économie ne repart pas, la Grèce aura encore moins de chance de rembourser ses créanciers. Nous avons fait le choix collectif en Europe que la Grèce reste dans la zone euro. Dont acte. Mais il y a un moment où il faut assumer ce choix et non pas traîner cette affaire grecque de six mois en six mois sans rien régler. C’est contre-productif sur le plan économique, c’est nuisible politiquement. Et même si la morale n’a pas grand-chose à faire là-dedans, ce n’est pas respectueux.