Jean-Michel Blanquer, ADN 100% Macron

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Hélène Jouan évoque un sujet précis de la vie politique.

La rentrée scolaire, c’est dans une semaine. Baptême du feu pour le nouveau ministre de l’éducation jean-Michel Blanquer, qui multiplie depuis quelques jours les annonces. Avec quelle chance de réussite ?

En tout cas, si dans quelques années, des paléo-politologues, ce sera peut-être une spécialité, cherchent à repérer ce qui dans le gouvernement Macron, incarne le mieux le macronisme, sans doute tomberont-ils alors sur un spécimen intéressant, Jean Michel Blanquer. Pépite d’un ADN 100% Macron. Ministre de l’Education, il aurait dû être accueilli par des bazookas, au minimum des menaces de piquets de grève par les syndicats de la Grande maison, pour la simple raison qu’il est l’idole d’un Finkielkraut. "Enfin un ministre qui va s’attaquer à l’idéologie destructrice de l’égalitarisme", veut croire le philosophe. Or jusqu’à présent, ça ne s’est pas passé comme ça.

C’est sa première rentrée, ne préjugeons pas de la capacité de réaction et de mobilisation des syndicats enseignants, mais pour l’instant certains d’entre eux reconnaissent voir en lui le serpent Kaa, vous savez celui qui hypnotise tout le monde dans le Livre de la Jungle. "Aie confiance",  susurre-t-il sans qu’on comprenne bien où il nous emmène en définitive

C’est quoi un ADN 100% macronien ?

C’est le "en même temps" érigé en dogme : Jean-Michel Blanquer a une formule fétiche, "il est contre le pédagogisme et l’égalitarisme", parce qu’il est "pour la pédagogie et l’égalité". Qui n’y trouverait pas son compte ? Il parvient à satisfaire l’opinion de droite, et "en même temps" celle de gauche, les profs et "en même temps" les parents d’élèves, à coups de balancier permanents : il permet le retour à la semaine de quatre jours, rétablit le redoublement, revient au latin grec et aux classes bilangues, et "en même temps", il s’inspire et travaille avec Gabriel Cohn Bendit, grand pourfendeur de l’élitisme à la française, en n’hésitant pas à promouvoir des expériences très novatrices, comme les micro lycées pour décrocheurs, ou à défendre les récentes découvertes des neurosciences pour aider à l’acquisition de la lecture. A fond sur l’éducation prioritaire pour redonner une chance à chacun, mais pas forcément à coups de moyens supplémentaires, surtout avec des projets éducatifs définis, et portés par des enseignants mieux formés et mieux rémunérés. Désuet et défricheur. Réac et novateur.

Un ministre 100% investi dans son dossier qui pourrait donc réussir ses réformes ?

Pas si vite ! Si son CV est impeccable, ancien prof de droit, recteur, ex-directeur de cabinet d’un ministre de l’Education sous Jacques Chirac, il a dirigé l’administration centrale du ministère sous Nicolas Sarkozy, auteur de deux livres dans lesquels il prône de révolutionner le système scolaire, Jean Michel Blanquer a aussi tous les atouts pour relancer la guerre scolaire. Car tout sera aussi question de moyens, pour le dédoublement des classes de CP, son premier engagement, mais aussi n’en doutons pas pour tenir ses objectifs en matière d’éducation prioritaire. Enfin, il faudra que le ministre se garde de quelques finasseries politiques, du genre essayer de relancer une bataille byzantine sur la méthode globale de lecture, qui n’existe plus depuis plus de 20 ans, juste pour prendre l’opinion publique à témoin. C’est pas du niveau…et ça pourrait énerver pour de vrai les enseignants.

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