Avec l'exclusion des Constructifs, LR prend des allures de maison hantée

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Après quatre mois de manœuvres et de rebondissements, Les Républicains ont conclu mardi soir à l’exclusion de deux ministres et de deux députés Constructifs, et acté le départ du Premier ministre. 

Le 1er novembre, c’est fête de tous les Saints, et mercredi on célébrera les morts : chez les Républicains, chacun reconnaîtra les siens ! Le député Thierry Solère, exclu, a salué l'énième rebondissement du feuilleton en tweetant "House of Cards, c’est fini, rassurez-vous il reste le bureau politique des Républicains !" Les exclus se retrouvent officiellement SPF, sans parti fixe, et l’annonce de la trêve hivernale n’y a rien changé. Première incidence, anecdotique : les députés exclus n’ont pas franchement l’intention de verser leur obole à LR, c'est-à-dire la part de la dotation de l’Etat liée à leur élection qui doit être affectée à un parti d’ici au 30 novembre, soit 37.000 euros par an et par tête de pipe. LR s’en remettra.

Quel avenir pour les dissidents de droite ? Politiquement, certains Constructifs continuent de se tâter pour savoir si le moment n’est pas venu de monter un nouveau parti politique, une droite humaniste, européenne et sociale, la vraie droite pensent-ils. Mais comment se différencier de la République en Marche, eux qui sont pour l’instant dans l’accompagnement d’Emmanuel Macron ? Ils parient sur un recentrage à terme vers le centre-gauche du parti du président pour avoir un peu d’oxygène à droite. Pas simple, d’autant que leurs partenaires centristes de l’UDI jouent la concurrence sur le même créneau.

La maison des morts. Avec ces quelques exclusions, le parti évite cependant la purge. Et vous savez ce que l'on dit dans ces cas-là : le plus dur, c’est pour ceux qui restent. LR ressemble désormais une maison peuplée de quelques fantômes, tous les disparus de la dernière présidentielle, et dépeuplée de beaucoup d’absents présents ou à venir. Mais la maison a néanmoins un chef, largement présumé, Laurent Wauquiez qui a la particularité d’être une force centrifuge et centripète à lui tout seul.

Un apprenti-sorcier pour ressusciter LR. Centripète parce qu'il est le seul vrai survivant de l’hécatombe de mai dernier, il a levé le bras et dit, qui aime la droite me suive. Les adhérents LR sont soulagés d’avoir quelqu’un derrière qui se ranger, sans subir les hécatombes d’ego qu’ont été de toutes les dernières compétitions dans le parti. Centrifuge, parce que ses dernières sorties médiatiques ont accusé le trait d’un homme qui ne recule devant aucun excès de caricature, aucun amalgame douteux, des repas de substitution mal digérés au "grand remplacement culturel" largement emprunté au FN. Le tout est de savoir qui de la centrifuge ou de la centripète sera, à terme, avec Laurent Wauquiez la force qui l’emportera.