Confusion autour de la politique d'immigration de Trump

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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A la traîne dans les sondages, le candidat républicain pourrait revenir sur certaines de ses promesses afin de séduire les minorités.

La confusion règne dans le camp Trump sur l’immigration, un de ses thèmes favoris. Il s'agit probablement du sujet qui lui a fait gagner la primaire républicaine. Le candidat a des promesses choc : construire un mur géant à la frontière mexicaine, interdire l’entrée aux Etats-Unis de tous les musulmans, et surtout expulser les 11 millions de sans-papiers du pays.

Sauf que depuis quelques jours, on sent un changement de ton, une inflexion. Donald Trump concède qu’il n’expulsera pas forcément les familles qui sont là depuis 20 ans et qui payent des impôts. La presse américaine s’interroge, sur ce qui serait, un "revirement spectaculaire". On attend un nouveau grand discours sur l’immigration, qui devrait avoir lieu jeudi ou peut-être la semaine prochaine. Pendant ce temps-là, ses conseillers ne savent plus comment répondre aux journalistes. Jeudi matin, sa porte-parole, Katrina Pierson, a été réduite à une pirouette un peu ridicule sur CNN : "il ne change pas de position sur l’immigration, il change juste les mots qu’il utilise".

Car ce qui est en jeu pour Donald Trump, c’est d’élargir son électorat. A la traîne dans les sondages, il s’adresse depuis plusieurs jours aux minorités, Noirs et Hispaniques et notamment. Il a besoin de leurs votes. Cette partie de la population déjà traditionnellement pro-démocrate, est en effet effrayée par la rhétorique du milliardaire-candidat. Pour les détourner d’Hillary Clinton, Donald Trump est allé mercredi jusqu’à la traiter de "raciste qui ne voit dans les gens de couleur que des bulletins de vote, pas des êtres humains". 

La transparence en question. Il est aussi question de transparence dans la campagne avec une phrase prononcée par un important élu républicain, Jason Chaffetz de l’Utah. Alors que Donald Trump ne veut pas publier ses avis d’imposition et que tous les candidats le font, dont son adversaire démocrate Hillary Clinton, qui est de son coté accusée par certains Républicains de mentir sur sa santé. Jason Chaffetz, lui, met tout sur le même plan : il veut mettre à nu les candidats.

"Si vous voulez devenir le président des Etats-Unis, vous devez ouvrir votre kimono et tout montrer. Donc Donald Trump et Hillary Clinton, devraient tous les deux publier leur feuille d’impôt et leur dossier médical". Ce serait "idiot" de publier les feuilles d’impôts de mon père, a dit hier l’un de ses fils Eric, avec cet argument imparable : "des tas de gens qui n’y connaissent rien y mettraient leur nez pour dire n’importe quoi"…


Le chiffre du jour. On pourrait rebaptiser ça la "Trumperie du jour". Son équipe de campagne a acheté chez un grand libraire américain 3.500 exemplaires de son propre livre-programme. Il y en a pour environ 50.000 euros. De l’argent puisé dans les donations de campagne, selon le site d’information The Daily Beast qui révèle le chiffre. C’est potentiellement illégal. "C’était un cadeau pour les délégués à la Convention de Cleveland", répond le camp Trump. En tout cas, ça a un double avantage : ça gonfle artificiellement les chiffres de vente, et ça rapporte de l’argent à son auteur, Donald Trump.