Russie : le geste désespéré d’un maire

  • A
  • A
Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Le maire d'une petite commune de Russie a décidé de mettre en vente sa mairie sur Facebook suite aux sanctions européennes.

Dans la presse Internationale, le geste un peu désespéré du maire d’une localité Russe qui met en lumière les conséquences du refroidissement des relations avec l’Union Européenne.

La commune de Yantarny, à 50 kilomètres de Kaliningrad, a pourtant tout pour se développer. C’est une ravissante localité de 5.000 habitants, posée sur le sable fin des côtes de la mer baltique. L’eau y est froide en juillet, environ 17 degrés, mais elle est absolument pure et ses promenades, sur les jetées de bois, sont un véritable enchantement. L’endroit regorge d’ambre, cette pierre couleur de miel, c’est d’ailleurs là, dans cette commune, que l’on trouve la seule carrière autorisée.

Seulement voilà, les finances de la ville vont mal. Le maire a donc pris ue décision radicale, il a mis en vente l’hôtel de ville sur un poste Facebook, il y a quelques jours. "Ravissante bâtisse en plein centre-ville, 1.000 mètres carrés. Parfait pour un hôtel. Cher", c’est la seule indication qu’il donne pour le prix.

Aussitôt, les médias en Russie on repris l’information. On l’a interviewé "pourquoi faites-vous cela ?" Il explique que son budget a fondu de 26 millions de roubles, environ 400.000 euros et qu’il refuse de trancher dans les services sociaux, alors voilà, tant pis s’il doit vendre son bureau.

C’est brutal, comme perte de budget !

Vous avez là, en condensé, certains des maux de la Russie. Un problème politique avec la seule carrière d’ambre de la région qui ne rapporte plus beaucoup, car des mafias ont mis la main sur l’extraction clandestine, l’usine était gérée par un proche du kremlin qui a décidé brusquement que sa taxe foncière serait payée au budget fédéral et non plus à la ville. Premier problème, donc, avec Moscou, qui est très loin, à 1.200 kilomètres. 

En plus de cela, la région de Kaliningrad qui est proche de la Pologne, a toujours eu des liens privilégiés avec l’Europe. Depuis 10 ans, elle jouissait de privilèges, c’était une zone économique spéciale qui autorisait les échanges libres de taxe avec ses voisins européens. Ces privilèges ont pris fin en avril, dans le cadre des sanctions imposées par l’Europe à la Russie. Dans la région, cela a été un désastre. Près de 800 entreprises locales qui emploient un quart de la force de travail auraient été touchées, selon le conseil européen des relations étrangères. Les revenus fiscaux des villes ont logiquement plongé, d’où le geste, aux airs désespérés du maire de Yantarny.

Un assez bon coup de com’ également.

Sa façon très médiatique de répondre à la crise a payé. Le gouverneur vient d’annoncer hier qu’il allait compenser les pertes de la ville, plus besoin donc, de vendre la mairie. Et l’édile va pouvoir investir. Il a déjà acheté 50.000 parasols pour développer le tourisme et il profite à fond de la publicité qu’a suscité l’affaire en lançant un concours des plus belles photos de ses plages sur Instagram. Même s’il ne s’installera pas dans la mairie, un hôtelier finalement, sera peut-être séduit.