Le Liberland, le pays qui n’existe pas !

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Un Tchèque s'est auto-proclamé président d'un micro-États où personne ne paierait d'impôts et qui ne serait régit par aucune loi.

Dans la presse Internationale, la folie d’un citoyen Tchèque enflamme une enclave du Danube. Il s’est auto-proclamé président d’un micro-État, le Liberland et il n’est pas tout à fait impossible, que son rêve voit le jour.

Non et pourtant tout le monde s’est moqué de lui, il y a 18 mois, quand Vit Jedlicka, c’est son nom, a planté un drapeau sur cette langue de terre. Sept kilomètres carrés de bois peuplés de cerfs, infestés de moustiques, à l’Est, la Serbie et à l’Ouest, la Croatie. Quand des aménagements ont eu lieu sur le Danube, des bouts de côte se sont détachés, puis l’ex-yougoslavie a été divisée en 95, et aucun des deux pays ne revendique ce bout de terre. Cela reviendrait à reconnaître des frontières qui ne leur conviennent pas. Vit Jedlicka a donc eu l’idée d’y créé le micro-État de ses rêves, un havre libertarien où personne ne paierait d’impôts. Il ne serait régit par aucune loi. Un copain et sa petite amie l’ont élu président, et depuis il parcours le monde avec son drapeau, un soleil et un oiseau sur fond jaune et noir, pour faire reconnaître le Liberland, dernier micro-État de la planète.

Et ça marche vraiment ?

C’est ça qui est étonnant. La semaine dernière le jeune président de 32 ans, a lancé une application pour booster les demandes de citoyenneté et la presse croate était ébahie. Un demi-million de personnes ont demandé la nationalité, au Liberland. Et sur le papier, la démarche de ces doux dingues pourrait réussir. Car qu’est-ce qui définit un État ? Quatre critères selon la convention de Montevideo : contrôler un territoire, être doté d’un gouvernement (c’est le cas, le liberland a des ministres, il a même une monnaie, le bitcoin), un État doit aussi pouvoir entrer en relation avec d’autres (or Jedlicka revendique 80 représentations a l’étranger, des consulats aux États-Unis et il se fait inviter a des conférence comme la semaine dernière au Brésil).

Ne manque plus qu’un critère en fait : être peuplé en permanence et là, c’est un problème. La police croate déloge les libertariens de leur paradis dès qu’ils y posent l’orteil. L’affaire est devant les tribunaux, qui se gardent bien de trancher, évidemment. Cela n’empêche pas le Tchèque de croire dur comme fer en son projet romantique, que de riches donateurs eurosceptiques financent : bâtir avant sa mort la Hong-Kong des Balkans.