Coup de fil de Donald Trump à Taïwan : une bourde qui n’en serait pas une ?

  • A
  • A
Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Alors que le futur président américain a dialogué avec la présidente de Taïwan, on peut y voir une façon de tester les limites de la Chine.

Dans la presse internationale, rarement un simple coup de fil aura déclenché autant de critiques. Vendredi, Donald Trump a parlé avec la présidente de Taïwan, prenant le risque d’ouvrir une crise avec la Chine. C’est du moins ce qu’ont clamé ses détracteurs ce week-end et s’ils s’étaient trompés…

Oui passée l’hyper-ventilation des premières heures, les spécialistes, ont réfléchi. Ils ne croient plus à une erreur de Donald Trump, dont on pensé qu’il dynamitait 40 ans de tradition diplomatique par méconnaissance. Vous savez qu’officiellement Taïwan et les États-Unis ne se parlent pas. La Chine considère l’île comme partie intégrante de son territoire. Trump n’aurait donc pas dû parler à la présidente de Taïwan, même si les liens sont étroits entre Taipe et les États-Unis puisque Washington a vendu 46 milliards d’armements à Taïwan depuis 1990, rappelle le journal The Atlantic, soulignant l’immense hypocrisie de ces étranges alliances. Les américains ne reconnaissent que la Chine mais soutiennent Taïwan en douce. Pékin peut s’irriter de cette rupture de style et de cette marque d’amitié affichée à son ennemi mais il faut relativiser, elle ne peut pas, réellement, en être surprise.

Mais à quoi joue Donald Trump, finalement ? Il teste la résistance chinoise ?

C’est le pari que font plusieurs spécialistes. Pendant toute sa campagne, Trump n’a cessé de pointer la Chine "coupable de manipuler sa monnaie et de siphonner les emplois américains". Il pourrait être tenté d’utiliser Taïwan comme moyen de pression pour forcer la Pékin à être moins complaisante envers la Corée du Nord, par exemple. Et quel meilleur timing que ces quelques semaines, avant qu’il n’arrive la Maison-Blanche pour tester ces eaux troubles. Un nouveau rapport de force se dessine ainsi qu’un nouveau style, c’est une évidence. Est-ce qu’il conduira à un changement de politique, c’est moins sûr. En tous cas, les Américains vont devoir s’habituer à ces mouvements peu protocolaires, et surprenants de la part d’un président qui adore piétiner les règles et dont on commence à saisir la personnalité. Trump, il ne faut pas le prendre au mot, mais au sérieux.