Volkswagen : les rappels pourraient coûter de 25 à 50 milliards

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Volkswagen : les rappels pourraient coûter de 25 à 50 milliards
@ JOHN MACDOUGALL / AFP
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AUTOMOBILE - Le patron du groupe allemand a annoncé mercredi que le rappel des véhicules truqués se ferait avant la fin 2016.

C'était la première vraie interview accordée par le nouveau patron de Volkswagen, autant dire qu'elle était attendue. Dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Matthias Müller a fait le point sur la crise que traverse Volkswagen après les révélations sur sa fraude aux contrôles antipollution. Il a promis que le retour à la normale irait vite. Mais à quel prix ?

Réparer tous les véhicules concernés avant fin 2016. Premier enseignement de cet entretien : le nouveau patron de Volkswagen veut rapidement tourner la page. "Si tout se passe comme prévu, nous pourrons commencer le rappel en janvier, et d'ici fin 2016 tout devrait être remis en ordre", a-t-il déclaré. L'opération est un énorme défi parce que, du fait de spécificités géographiques et selon les modèles - des voitures de marque Volkswagen sont concernées mais aussi des Audi, des Skoda et des Seat, filiales de Volkswagen - "ce ne sont pas trois solutions qu'il nous faut mais des milliers". Pour certains véhicules une manipulation informatique suffira, sur d'autres il faudra installer de nouveaux injecteurs ou catalyseurs.

Une facture de 25 à 50 milliards d'euros. Entre les amendes pour fraudes aux contrôles antipollution, les plaintes des consommateurs et des actionnaires, ainsi que le coût des réparation - que Volkswagen prend entièrement en charge -, cet épisode risque de coûter très cher au groupe automobile allemand. Le patron de Volkswagen ne précise pas quel sera le coût final, mais la presse et les analystes financiers allemands ont déjà une petite idée : Volkswagen devrait y consacrer de 25 à 50 milliards. Sans surprise, Matthias Müller a prévenu ses salariés que l'austérité était désormais de rigueur.

Où en est l'enquête sur les responsables de la fraude ? "D'après ce que je sais, seuls quelques salariés étaient impliqués", selon lui, "quelques développeurs". "Quatre personnes, dont trois directeurs responsables à différentes époques du développement des moteurs" ont été suspendues, a précisé Matthias Müller, "d'autres sont déjà à la retraite". En revanche, le nouveau patron a assuré que son prédécesseur Martin Winterkorn n'était pas impliqué : "Je ne crois pas. (...) Croyez-vous vraiment qu'un patron ait le temps de se préoccuper de la vie intérieure des logiciels de moteurs?". Selon lui, les manipulations proviennent du siège de Volkswagen à Wolfsburg et non de sa filiale aux Etats-Unis. Une "évolution" plutôt qu'une "révolution" est nécessaire pour remettre Volkswagen sur les rails, a estimé Müller, pronostiquant que le constructeur "resplendira de nouveau" dans deux à trois ans.

Un site pour les clients lésés. La marque allemande avait annoncé vendredi 2 octobre la mise en place d'une page internet sur son site pour permettre à ses clients de savoir si leur voiture figure parmi les 11 millions de véhicules dotés d'un logiciel truqueur. "Dès maintenant, tous les clients de Volkswagen ont la possibilité de vérifier eux-mêmes si leur voiture doit être retouchée", indique la firme dans un communiqué.