Le patron de Volkswagen s'excuse mais ne démissionne pas

  • A
  • A
Le patron de Volkswagen s'excuse mais ne démissionne pas
Partagez sur :

Le constructeur allemand a indiqué mardi que 11 millions de véhicules dans le monde étaient équipés d'un logiciel de trucage.

L'ESSENTIEL

Le scandale des moteurs diesel de Volkswagen prend une dimension mondiale mardi. Plusieurs pays, dont la France, ont déclaré vouloir se pencher de plus près sur les voitures du groupe, sous intense pression pour s'expliquer. La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a ainsi annoncé une "enquête approfondie". Le constructeur allemand a lui même reconnu mardi que 11 millions de véhicules dans le monde entier étaient équipés d'un logiciel de trucage. Le patron du groupe, Martin Winterkorn, s'est dit mardi "infiniment désolé" pour cette "faute". "On a totalement merdé", a même lâché le patron de Volkswagen America, Michael Horn. 


>> Les trois infos à retenir

• La tricherie concerne 11 millions de voitures Volkswagen dans le monde

• "Je suis infiniment désolé", a déclaré le patron de Volkswagen

• Des enquêtes s'ouvrent partout, dont une en France et une pénale aux Etats-Unis 

• Le titre Volkswagen s'effondre en Bourse et fait plonger ses concurrents 

11 millions de voitures. Le géant automobile Volkswagen a reconnu mardi qu'environ 11 millions de ses voitures dans le monde étaient équipées du logiciel de trucage découvert. Le trucage concerne tous les moteurs diesel de type EA189. Ce petit logiciel espion enclenche un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombres et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique. Le groupe risque aux Etats-Unis, là où le scandale a éclaté, une amende record de 18 milliards de dollars (16 milliards d'euros environ). 

Le patron de Volkswagen s'excuse. "Je suis infiniment désolé que nous ayons déçu la confiance" de millions de personnes à travers le monde, a déclaré Martin Winterkorn dans une allocation vidéo diffusée sur le site de Volkswagen. "Je m'excuse profondément auprès de nos clients, des autorités et de l'opinion publique dans son ensemble pour cette faute", a poursuivi le patron de VW, qui indique ne pas avoir à l'heure actuelle "les réponses à toutes les questions".

De enquêtes un peu partout. Ouverture d'une enquête pénale aux Etats-Unis, convocation des dirigeants en Corée du Sud, ouverture d'une enquête en Allemagne et en Italie, demande en provenance de Paris d'une investigation pan-européenne : les choses se précipitaient quatre jours après les révélations des autorités américaines. La ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé mardi le lancement d'une enquête "approfondie". Elle demande également aux constructeurs français de "s'assurer que de tels agissements n'ont pas eu cours en France", a indiqué son ministère dans un communiqué.

Berlin a également ordonné des "tests approfondis" sur tous les modèles diesel de Volkswagen. Angela Merkel elle-même réclame au constructeur "une transparence totale". La Corée du Sud a convoqué des représentants de Volkswagen mercredi après-midi et veut elle aussi "conduire des tests". Le ministre français des Finances Michel Sapin a pour sa part réclamé une enquête "au niveau européen" pour "rassurer" les citoyens. Mais pour l'heure, l'Union européenne a opposé une fin de non recevoir : la Commission européenne a jugé mardi "prématurées" des "mesures de surveillance immédiates" en Europe.

Volkswagen s'effondre en Bourse, ses concurrents aussi. L'action Volkswagen s'enfonçait de plus de 19% mardi. Lundi, le cours de l'action avait déjà fondu de plus de 18%... soit une perte de capitalisation de l'ordre de 20 milliards d'euros. Pour l'heure, seul Volkswagen est inquiété. Mais les soupçons pèsent désormais sur tout le monde. A commencer par ceux des marchés : vers 16h, l'action Renault perdait ainsi 6,39% et le titre Peugeot 7,47%. A Milan, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) cédait 4,25%, tandis qu'à Wall Street, General Motors baissait de 2,61%, et Ford de 3,14%.