Vivarte : "je ne suis ni un menteur, ni un voleur"

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Vivarte : "je ne suis ni un menteur, ni un voleur"
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INTERVIEW E1 - Marc Lelandais, remercié en octobre en raison d'un bilan contesté, a démenti la somme de 3 millions d'euros reçu à la suite de son départ.

L'heure est aux explications. Marc Lelandais, remercié en octobre dernier de la direction du groupe Vivarte en raison d'un bilan contesté, est parti avec plus de 3 millions d'euros, alors même que le groupe, maison-mère de nombreuses enseignes, maison-mère de nombreuses enseignes (La Halle!, André, Naf Naf, Kookaï, Minelli, Mosquitos, etc.) va supprimer 1.600 emplois. Invité sur Europe 1, l'ancien PDG a démenti le terme de parachute doré, défendant son bilan, pourtant plus que contesté.

"Je ne suis pas parti avec un chèque de 3 millions". Marc Lelandais a d'abord tenu à démentir la somme de 3 millions d'euros, révélée la veille par Le Parisien. "Je ne suis pas parti avec un chèque de 3 millions. Ce document est un faux et le montant est bien inférieur à celui-là. Ce montant correspond à deux années de rémunération. Il est lié à une révocation", détaille l'ancien patron, qui invoque également la confidentialité du contrat qu'il a signé avec les actionnaires.

Si on se penche sur ces chiffres, il est effectivement faux de parler d'un parachute doré de plus de 3 millions d'euros : il s'élève en effet à près de deux millions d'euros. Selon l'accord signé le 29 octobre 2014 avec la direction de Vivarte, Marc Lelandais a touché un bonus pour restructuration d'un montant de 1 million d'euros, auquel s'ajoute une indemnité de sortie de 1 million d'euros, ainsi que 1,075 millions d'euros pour solde de tout compte. Le million d'euros touché pour avoir mené à bien la restructuration du groupe n'est en effet pas une indemnité de départ, le reste oui. "Je suis parti avec un peu moins de deux millions", abonde-t-il, sans préciser toutefois la somme exacte.

"J'ai réduit cette dette de deux milliards". Cette restructuration qu'il évoque est d'ailleurs l'un des rares succès qui peuvent lui être attribués. "Le contexte est le suivant à ce moment-là : nous venons de mener un plan de sauvetage financier de ce groupe qui était surendetté suite à une dette de 2,8 milliards en 2007. Et j'ai réduit cette dette de deux milliards. Ça représente dix mois de travail, 18 heures de travail par jour", s’enorgueillit Marc Lelandais. Pour cette baisse de l'endettement, "le conseil d'administration a salué la qualité de la restructuration financière, par écrit. Ensuite, la négociation s'est menée sur cette indemnité de révocation, qui couvrait la réparation de la révocation et du départ", détaille-t-il ensuite.

A Emmanuel Macron qui s'est dit jeudi choqué par le montant de son indemnité de départ, Marc Lelandais répond qu'il n'avait sans doute pas les "éléments précis" concernant cette somme et que "c'est désormais le cas".

"Je ne me sens pas responsable de ce plan social". Si Marc Lelandais a réussi à régler le problème de la dette du groupe, il n'en demeure pas moins que six mois après son départ, Vivarte a annoncé 1.520 suppressions de postes et 174 fermetures de magasins (voire 23 supplémentaires) chez La Halle !, ainsi que 105 suppressions de postes et 37 fermetures de magasins chez André. Un plan social dont Marc Lelandais ne s'estime pas responsable.

"Je ne me sens pas responsable de ce plan social. Et je suis extrêmement choqué de ce que j'entends. Quand j'arrive à la tête de ce groupe en 2012, c'est un groupe qui n'est pas modernisé, beaucoup d'entreprises sont archaïques dans leur positionnement, surtout par rapport à des concurrents comme H&M, Zara ou encore Kiabi. Je me suis battu bec et ongle pour sauver l'intégrité de ce groupe. Mais aujourd'hui je ne suis plus au commande depuis six mois, je déplore ce plan social. Je ne suis ni un voleur ni un menteur. J'ai pris mes responsabilités. Donc, non, je ne regrette rien du tout, je me suis battu", martèle-t-il.

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