Viande : la bataille de la confiance

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Viande : la bataille de la confiance
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L’affaire de la viande de cheval a renforcé la défiance du consommateur. Comment y mettre fin ?

Ce qui n’était censé être qu’une fraude limitée aux plats de lasagnes surgelés vendus au Royaume-Uni est rapidement devenu un révélateur des méandres de l’industrie agroalimentaire. France, Allemagne, Danemark : de nombreux pays sont touchés et les plus grandes marques sont concernées (Findus, Picard, Nestlé, Buitoni, etc.), renforçant un peu plus la défiance des consommateurs. Or sans confiance, les affaires ne marchent pas. La filière est donc en train de tenter de trouver des solutions mais les débats sont compliqués.
>> A lire : Viande de cheval : un scandale européen

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• Le précédent à éviter : la vache folle. Si les bouchers et l’industrie agroalimentaire s’inquiètent, c’est parce que l’épisode actuel lui rappelle un précédent peu glorieux : la crise de la vache folle en 1996. Les ventes de viande bovine avaient alors dégringolé de 40%. Les ventes de plats surgelés n’ont pour l’instant chuté que de 5% mais c’est un premier avertissement. Le retour des farines animales dans l'alimentation des animaux que nous mangeons ne va pas arranger la situation.
>> Zoom : Les farines animales de retour, l'inquiétude avec

Un objectif : redonner confiance. Pour éviter une spirale de défiance, tout le secteur n’a désormais qu’une obsession : redonner confiance. Les rendez-vous plus ou moins discrets s’enchaînent donc au ministère de l'agroalimentaire pour trouver des solutions, ce qui est loin d’être acquis.

L’étiquetage, LA solution des éleveurs. Indiquer obligatoirement le tracé de la viande, de son lieu d’élevage jusqu’au produit final, c’est la solution prônée par les éleveurs et les abattoirs. Cette traçabilité aurait pour vertu d’informer le consommateur sur ce qu’il mange, et donc de réduire la défiance, même si un tel système n’empêche pas la fraude ou la tromperie.
>> Infographie : Le parcours fou d'un plat de lasagnes

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L’industrie agroalimentaire n’en veut pas. Cet appel à la transparence, les grandes marques de l’agroalimentaire et leurs sous-traitants n’en veulent pas. Premier argument invoqué : un tel étiquetage serait compliqué à mettre en place et coûterait cher. Mais il y a une autre raison : si le consommateur savait ce qu’il mange, cela pourrait lui couper la faim. Les charcuteries industrielles sont particulièrement opposées à une telle indication et pour cause : pour confectionner notre jambon, elles se fournissent de plus en plus à l’étranger, où la viande de porc est moins chère.

Une réunion jeudi mais... Pour réconcilier des intervenants qui n’arrivent pas à se parler, le ministre de l'Agriculture a convoqué tout le monde pour une réunion jeudi. "C'est l'objectif que nous allons nous fixer avec les réunions en cours cette semaine. Promouvoir une organisation en France qui permette, même pour les produits transformés, d'avoir l'origine de la viande", a déclaré Stéphane Le Foll mardi matin sur Europe 1. Le ministre devrait hausser le ton pour forcer toute la filière à se mettre d’accord, mais avec une marge de manœuvre limitée : il ne peut rien imposer en raison des règles européennes.