Une ardoise publique de 1.789 milliards

  • A
  • A
Une ardoise publique de 1.789 milliards
La courbe de la dette française poursuit son inéxorable montée pour atteindre 1.789 milliards d'euros.@ REUTERS
Partagez sur :

En France, la dette publique a augmenté de 3,3% au 1er trimestre pour atteindre 89,3% du PIB.

La longue séquence électorale terminée, les mauvaises nouvelles s'accumulent. En attendant le prochain rapport de la Cour des comptes, c’est l’Insee qui a dégainé en premier avec les nouveaux chiffres de la dette. Bilan : 1.789,4 milliards d’euros de dette publique, un chiffre en hausse de 3,3%. La rentrée s’annonce économiquement et fiscalement difficile.

L’ARDOISE S’ALOURDIT

Un chiffre : 1.789,4 milliards. La dette publique de la France s’élèvait fin mars à 1.789,4 milliards d'euros, soit 89,3% du produit intérieur brut (PIB). En clair, si la France devait rembourser toutes ses dettes en 2012, elle devrait y consacrer presque 90% des richesses qu’elle produit dans l’année.

Une tendance : la dette se creuse de 3,3%. En l’espace de trois mois, la dette s’est creusée de 72,4 milliards d'euros supplémentaires, soit une hausse de 3,3%. A titre de comparaison, en 2011 la dette avait progressé de 2,2% puis de 1,7% au cours des six premiers mois. Les deux trimestres suivants avaient été plus calmes, avec une baisse de 0,9% puis une nouvelle hausse de 0,3%.

Qui a dépensé quoi ? L’Etat (+46,8 milliards) et les administrations de sécurité sociale (+31,4 milliards) sont principalement responsables de ce nouvel endettement, tandis que les dettes des administrations publiques locales ont diminué de 5,4 milliards d'euros.

Les prévisions de Hollande déjà dépassées. Ce nouveau chiffrage de l’Insee met à mal les prévisions du président de la République. Partant sur un endettement de 85,8% fin 2011, le candidat socialiste tablait sur un ratio de 88,7% à la fin de l’année 2012. Problème : nous sommes déjà à 89,3%.

Un peu d’optimisme. Si la dette française continue de se creuser, son coût est actuellement réduit. Échaudés par la crise de la dette, les investisseurs boudent en effet les emprunts des Etats grec, italien ou encore espagnol, se ruant sur les obligations allemandes, britanniques et française. Résultat, la France bénéficie de taux d’intérêt historiquement bas.

SUITE DES MAUVAISES NOUVELLES LUNDI

La publication de chiffres de la dette publique n’est qu’un avant-goût de ce qui atteint le gouvernement lundi. La Cour des comptes rendra alors publics les résultats de l’audit mené à la demande du nouveau gouvernement pour faire le bilan du quinquennat Sarkozy. La tactique est classique : dénoncer le bilan de ses prédécesseurs pour mieux justifier un nouveau tour de vis budgétaire et fiscal.

Le contenu de cet audit risque en effet d’alourdir un peu plus l’ambiance : initialement, la Cour des comptes devait le publier le 28 juin avant de le repousser quelques jours plus tard, invoquant des "problèmes d'agenda gouvernemental". Les mauvaises langues soupçonnent le gouvernement d’avoir différer l’annonce de mauvaises nouvelles pour ne pas être pointé du doigt lors du sommet de Bruxelles.