Un reclassement à 137 euros

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Un reclassement à 137 euros
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Continental propose un poste en Tunisie, une provocation pour les salariés de l'usine Clairoix.

L’alternative est simple. Soit les employés de l’usine Continental dans l’Oise prennent la porte, soit ils acceptent la proposition de l’entreprise : un reclassement dans une usine du groupe en Tunisie pour un salaire mensuel de 137 euros.

"C'est une obligation légale. Ce n'est en rien révélateur de l'ampleur des moyens mis en œuvre pour le reclassement des salariés", a voulu tempérer un responsable de la communication du groupe.

Dans le cadre de son plan de sauvegarde de l’emploi et pour respecter le code du travail, le fabricant de pneumatiques Continental a en effet l’obligation de proposer un reclassement à ses salariés.

L’indignation des salariés

Une telle proposition a provoqué de vives réactions. Le délégué syndical CGT de l'usine, Xavier Mathieu, a dénoncé "une provocation" : "quel cynisme. Même les Tunisiens ne veulent pas de ces postes" payés 137 euros brut par mois pour travailler en 3x8, a-t-il dénoncé.

"C’est se moquer du personnel", renchérit Stéphane Bacquet, délégué CFE-CGC de l'usine :

Des reproches adressés au gouvernement

Les salariés et syndicats se sont montrés également très critique vis-à-vis du gouvernement. "C'est un scandale pur et simple. Pendant des mois les ministres ont dit c'est scandaleux de fermer Continental et aujourd'hui par le biais du ministère du Travail ils donnent raison à la direction de Continental", proteste Xavier Mathieu.

Ces propos visent la décision l'inspection du travail, qui a validé les licenciements pour motifs économiques. Une reconnaissance qui prive les employés de la possibilité d'attaquer l'entreprise devant les Prud'hommes à titre individuel pour contester leur licenciement et obtenir des indemnités supplémentaires.

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