Un entrepreneur chinois veut produire 50.000 tonnes de poissons par an en Polynésie

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Un entrepreneur chinois veut produire 50.000 tonnes de poissons par an en Polynésie
@ GREGORY BOISSY / AFP
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Il s'agit du plus gros projet industriel en Polynésie : pendant les deux ans de chantier, 800 ouvriers sont attendus sur l'atoll de Hao peuplé de 1.200 habitants. 

Un entrepreneur chinois, Wang Chen, a annoncé dimanche le début du chantier en 2016 d'une vaste usine aquacole sur l'atoll de Hao, en Polynésie française, pour produire à terme 50.000 tonnes de poissons par an. L'industriel souhaite produire des mérous et des napoléons : des poissons de lagon dont les Chinois sont friands. Il compte ensuite se diversifier en fonction de la demande internationale, a-t-il précisé.

La création espérée 10.000 emplois. C'est le plus gros projet industriel en Polynésie : pendant les deux ans de chantier, 800 ouvriers sont attendus sur cet atoll peuplé de 1.200 habitants. Et si l'exploitation fonctionne à plein régime, avec des parcs à poissons disséminés sur de nombreux atolls de l'archipel des Tuamotu, elle pourrait donner un emploi à 10.000 personnes, selon M. Wang Chen, PDG de Tahiti Nui Ocean Foods.

L'emploi de la main-d'oeuvre locale est l'une des principales préoccupations de la petite mairie de Hao et du gouvernement polynésien. Les jeunes quittent les atolls des Tuamotu, où l'on vit surtout de pêche et de coprahculture (extraction de l'huile de noix de coco), pour se rendre à Papeete, où l'emploi se raréfie. Wang Chen s'est engagé à employer un maximum de Polynésiens, et en particulier les jeunes de l'atoll. C'est aussi son intérêt, assure-t-il, puisque cela lui évitera d'avoir à loger ses ouvriers.

La question environnementale. L'autre inquiétude porte sur l'environnement. Mais le Président de la Polynésie française Edouard Fritch a rassuré lui-même les habitants de Hao : "s'il tue l'environnement, il tue sa propre entreprise", leur a-t-il expliqué. Selon Wang Chen, 10% de l'eau de l'ensemble de ses bassins sera filtrée et renouvelée chaque jour. Il estime "très faible" l'impact sur l'environnement, grâce aux études scientifiques de l'université de Shanghaï. Principale difficulté pour le chantier : il faudra acheminer 580.000 tonnes de fret sur l'atoll en deux ans, bien au-delà des capacités des navires qui approvisionnent habituellement les Tuamotu.