UberPop : des chauffeurs pris à partie par des taxis marseillais

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UberPop : des chauffeurs pris à partie par des taxis marseillais
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TENSIONS - L'application, qui met en relation clients et chauffeurs non professionnels, est arrivée dans trois nouvelles villes lundi.

Uber, numéro un mondial des voitures de transport avec chauffeur (VTC), a annoncé lundi l'arrivée à Marseille, Strasbourg et Nantes de son service controversé UberPop. Le principe ? La société met en relation les clients avec des chauffeurs non professionnels, pour des tarifs défiant toute concurrence. Ce qui provoque la colère des concurrents professionnels à commencer par les taxis, qui doivent s'acquitter d'une licence et payer de nombreuses charges pour pouvoir exercer.

Déjà des tensions. Déjà disponible à Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice, UberPop avait déjà entraîné de nombreuses tensions. En avril dernier, à Bordeaux, une rixe à coups de barre de fer avait par exemple opposé deux chauffeurs de taxis et un conducteur trouvé via UberPOP. Lundi, c'est à Marseille que la tension est la plus forte. Comme le recense ce compte Facebook, de nombreux chauffeurs UberPop ont été pris à partie, piégés par des chauffeurs de taxis. Ces derniers font mine de chercher un chauffeur. Et lorsque ce dernier arrive, il tombe sur une bande de taxis en colère, qui l'accueillent  parfois violemment, lui crevant les pneus, comme le montre aussi cette vidéo de La Provence :


Les taxis marseillais s'en prennent à un...par LaProvence

Des délégations reçues en préfecture. A Marseille toujours, les chauffeurs de taxis ont également provoqué des perturbations dans le centre-ville où ils se sont regroupés lundi et mardi, entraînant des bouchons de plusieurs dizaines de kilomètres sur les autoroutes autour de la ville. Ils se sont notamment massés autour de la préfecture où une délégation de chauffeurs de taxis a été reçue mardi. D'autres taxis ont pris place autour de la gare TGV d'Aix, de l'aéroport Marseille Provence à Marignane et de certaines portes du Grand port maritime de Marseille (GPMM).

A Nantes, une centaine de chauffeurs de taxis ont également bloqué le périphérique mardi matin, occasionnant plusieurs kilomètres de bouchons, avant de converger en milieu de journée vers le centre-ville, rejoints par une cinquantaine de taxis de Bordeaux, paralysant la circulation des tramways et bloquant les accès à la Préfecture. Une délégation a été reçue par le Préfet en début d'après-midi. Les chauffeurs de taxis étaient rassemblés dans le calme, près de leurs véhicules ornés d'affichettes proclamant "UberPop: Évasion fiscale" ou "Faites respecter la loi".

UberPop, c'est légal ? Uber a été condamnée à 100.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris fin 2014 pour UberPOP. Mais la société a fait appel et sa condamnation n'a donc pas encore d'effet suspensif. En attendant le jugement final, le préfet du Nord a déjà interdit le service fin mai pour "concurrence déloyale" mais la plupart des autres préfectures tardent à statuer.



La préfecture des Bouches-du-Rhône a toutefois rappelé lundi dans un communiqué "que les conducteurs qui exerceraient illégalement la profession de taxi ou de conducteur de VTC, s'exposeraient à des sanctions pénales d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende pouvant être assorties de peines complémentaires de suspension du permis de conduire pendant cinq ans ainsi que de la confiscation du véhicule". En clair, avoir l'application est tolérée mais transporter un client en le faisant payer sera considéré comme interdit. La préfecture du 13 s'engage d'ailleurs à mettre en place "des contrôles renforcés et ciblés" à partir de mardi "sur l'exercice illégal du transport de personnes à titre onéreux" qui seront "poursuivis de manière intensive tout au long du mois de juin".

En milieu d'après-midi, la préfecture de Loire-Atlantique a quant à elle annoncé l'interdiction pure et simple de l'activité de transports UberPOP. "Ce service ne correspond à aucun type d'activité de transport de personnes autorisé par la loi. Les particuliers qui le mettraient en oeuvre exerceraient illégalement la profession de taxi. Leur responsabilité pénale pourrait être engagée tant au titre de l'exercice illégal de la profession de taxi qu'au titre de la dissimulation d'activité", a expliqué la préfecture dans un communiqué.