Twitter, le site qui valait un milliard

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Twitter, le site qui valait un milliard
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Le site américain de micro-blogging n'a pas engrangé un dollar de recette mais fait courir les investisseurs.

Ils valent de l’or mais ne gagnent pas un dollar. Au palmarès de ces sites internet, sans bénéfice, qui font courir les investisseurs : Twitter. Le site de micro-blogging a levé, fin septembre, 100 millions de dollars de financements nouveaux auprès de cinq investisseurs, parmi lesquels T. Rowe Price.

Ce nouvel apport de fonds valoriserait désormais la société à un milliard de dollars*.Ce qui est tout de même un tour de force pour une société créée il y a trois ans, qui affiche au compteur 50 millions d’internautes, mais qui ne gagne pas d’argent. Et pour cause : tous les services y sont gratuits et les dirigeants de Twitter refusent pour l’heure de se tourner vers la publicité.


Le site qui vaudra des milliards…


Reste que la présence autour de la table de T. Rowe Price, généralement plus familier des entreprises cotées que des start-up, montre la foi des investisseurs dans la capacité future de Twitter à générer des profits. Ils espèrent notamment que le site devienne rentable en faisant payer un système de messages "premium" réservé aux entreprises.

"Les capital risqueurs n’agissent pas à la légère. S’ils estiment que la société vaut aujourd’hui un milliard, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de penser qu’elle en vaudra cinq ou dix dans quelques années", explique à europe1.fr Benoît Flamant, le directeur général d'IT Asset Management, une société de gestion spécialisée dans les technologies de l'information.

Toutefois, "à première vue, ça sent la bulle à plein nez", temporise dans l’un de ses éditos sur E24 Frédéric Filloux, qui rappelle que, contrairement à Facebook, les internautes sur Twitter sont peu assidus. Ainsi, l’institut "Nielsen a estimé que 60% de ceux qui s’inscrivent sur Twitter l’abandonnent après un mois et qu’en moyenne, il s’écoule 74 jours entre l’envoi de chaque Tweet. Comme engagement, selon le terme employé, on a connu mieux", écrit l’éditorialiste.


L’audience d’abord, le business modèle ensuite


Un site sans bénéfice, des internautes pour la plupart volatiles…. Comment dès lors expliquer que Twitter intéresse à ce point les têtes pensantes de la finance ? "C’est qu’il faut se rappeler que Google n’a pas gagné d’argent pendant cinq ans. Pendant des années, la société a cherché, avant de trouver, son modèle. Aujourd’hui, le groupe affiche des marges opérationnelles insolentes de 40 à 49%, un chiffre capable de faire rêver tous les industriels", répond Benoit Flamant avant d’ajouter : "Google, Skype ou Facebook : aucun site avec une large audience n’a échoué. Twitter suit cette voie".

D’autres sites à large audience qui ne gagnaient pas d’argent jusqu’à aujourd’hui commencent également à être rentables. Facebook, par exemple, pourrait prochainement être coté en bourse. Le site de sociabilisation a trouvé sa voie en laissant entrer la publicité. Youtube aussi : la plateforme vidéo remonte la pente et pourrait prochainement se tourner vers la VOD… "Ces sites sont partis d’une page blanche. Ils ont d’abord trouvé leur audience et ont fini par gagner de l’argent", explique encore Benoît Flamant.

* Cette valeur est définie de gré à gré : en apportant 100 millions de dollars les investisseurs estiment acquérir 10% de la société.