Trop de postes supprimés chez PSA ?

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Trop de postes supprimés chez PSA ?
Le cabinet Secafi doit présenter ses conclusions sur le plan de redressement de PSA le 11 décembre@ REUTERS
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Le cabinet mandaté par les syndicats estime que la direction de PSA manque d'une vision stratégique.

• L'info. Le cabinet Secafi, mandaté par les délégués du personnel de PSA, doit présenter le 11 décembre prochain son rapport sur le plan social annoncé par le groupe. Selon les premières conclusions obtenues par l'AFP, le projet de PSA mettrait l'accent sur les suppressions de postes, au détriment d'une vision stratégique

Une crise "grave". Les conclusions sur l'état de santé de PSA sont déjà bien connues. Le rapport Sartorius, commandé par le gouvernement et publié en septembre, avait déjà souligné les difficultés que traverse Peugeot-Citroën. Un avis auquel se range Secafi. Le cabinet d'expertise estime que les finances du constructeur sont dans un état "grave". Au premier semestre, le groupe a en effet dévoilé des pertes d'un montant total de 819 millions d'euros, du fait de l'effondrement du marché automobile en Europe. Pour Secafi, les objectifs affichés par PSA "sont difficilement atteignables".

>> A LIRE : PSA, les rapports passent, la crise reste

Des suppressions de postes trop importantes. Le cabinet  pointe également du doigt l'ampleur des coupes dans les effectifs annoncées par la direction. Car si, chez PSA, on annonce 8.000 suppressions de postes, Secafi en compte lui près de 10.000, en y ajoutant le plan de départs volontaires étalé sur le premier semestre. Les experts du cabinet estiment que, dans ces conditions, la saignée pourrait être revue à la baisse, notamment sur le site de Rennes. En revanche, la fermeture d'Aulnay est selon eux inévitable.

"Cannibalisation" des marques. Secafi s'inquiète de constater que la direction de PSA ne s'interroge pas sur le positionnement de ses marques. Peugeot et Citroën sont en effet très proches l'une de l'autre, ce qui selon le cabinet d'expertise peut entraîner un risque de cannibalisation. Celui-ci dénonce aussi "l'impasse sur des questions de portée stratégique" qui règne chez PSA. Le cabinet cite ainsi l'exemple de Citroën, qui tente de monter en gamme avec sa ligne DS, mais lance dans le même temps des modèles plus économiques, au risque de "perturber la lisibilité" de la marque.