Triple A : l’Allemagne menacée à son tour

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Triple A : l’Allemagne menacée à son tour
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Standard & Poor’s menace de dégrader la note des meilleurs élèves de l’UE, Allemagne compris.

A peine l’Allemagne et la France avaient-elles trouvé un accord pour refonder la discipline budgétaire européenne que l’agence de notation Standard & Poor's a semé la zizanie en annonçant lundi qu’elle plaçait sous surveillance négative la note souveraine de tous les pays de la zone euro, y compris celle de l’Allemagne.

Quinze pays montrés du doigt

L’agence de notation a annoncé qu’elle envisageait d’abaisser la note souveraine de 15 des 17 pays de la zone euro, dont plusieurs membres du cercle très restreint des triple A, c’est-à-dire les pays noté 20/20. En clair, la confiance en l’avenir économique de ces pays se dégrade, ce qui pourrait se traduire par des  taux d’intérêt plus élevés lorsque ces pays voudront emprunter de l’argent.

Ce scénario qu’a connu un pays comme la Grèce n’est désormais plus si improbable pour les pays les plus sûrs, à savoir l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, la France et… l’Allemagne.

Comment va réagir l’Allemagne ?

Outre-Rhin, c’est la stupeur dans un pays habitué à être montré en exemple par le reste de l’UE. "L’Allemagne se retrouve à son tour dans le viseur", écrit mardi matin l’hebdomadaire de référence Der Spiegel. Le quotidien populaire Bildparle même "d’attaque", tandis que le journal économique Handelsblatttitre "L’Allemagne est désormais en ligne de mire".

Rattrapée par la crise de la zone euro, l’Allemagne va donc être scrutée par ses voisins : va-t-elle resserrer les rangs avec les autres pays de la zone euro, tous embarqués dans la même galère ? Ou va-t-elle, au contraire, s’en prendre à l’Euro ? Le communiqué de Standard And Poor's est en effet très clair : si l'Allemagne, tout comme la France, est menacée, ce n'est pas à cause de ses propres faiblesses intrinsèques mais uniquement à cause des répercussions de la crise de l'Euro.

On peut donc craindre des relents anti-euro, un sentiment qui grimpe depuis plusieurs mois, à en croire les sondages. La chancelière Angela Merkel temporise pour l'instant et s'est contentée de déclarer : "nous allons continuer sur ce chemin". Paradoxalement, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble y voit "la meilleure incitation possible" pour que le prochain traité de l'UE soit rapidement adopté.

Les Européens dégradés, qui reste-t-il ?

A force de dégrader les pays européens, les agences de notation risquent  de se retrouver paradoxalement dans une impasse. Il ne restera plus beaucoup de triple A dans le monde : la Suisse, le Canada, le Liechtenstein, les pays Scandinave, l’Australie, Hong-Kong et Singapour.

Bref des survivants qui ne sont pas toujours si exemplaires, à l’image du Royaume-Uni, dans une situation bien pire que ses voisins allemands ou français, mais actuellement surcôté car il n'appartient pas à la zone euro.