Trichet : que les États fassent "leur travail"

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Trichet : que les États fassent "leur travail"
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INTERVIEW E1 - Le patron de la Banque centrale européenne veut plus de rigueur budgétaire.

"Accélérer le retour à une situation budgétaire normale" et appliquer "le plus rapidement possible" le plan européen. Tel est le message qu’a envoyé, mardi matin sur Europe, 1 Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), aux chefs d’Etats européens.

"Ce que nous attendons, c'est que les gouvernements fassent ce que nous considérons être leur travail, à la hauteur de leurs responsabilités", a poursuivi celui qui est chargé de la stabilité de la monnaie unique, en pensant notamment à l’Italie et à l’Espagne.

"Accélérer le retour à une situation budgétaire normale"

"Nous avons demandé de façon extrêmement claire pendant les derniers jours aux gouvernement italien de prendre un certain nombre de décisions, qui ont été prises, et d’accélérer en particulier le retour à une situation budgétaire normale", a précisé le patron de la BCE, avant d’ajouter : "nous avons demandé la même chose au gouvernement espagnol".

"Ce sont ces politiques budgétaires qui sont en cause", a justifié Jean-Claude Trichet :

Autre priorité, le dispositif d’aide d’urgence. " Nous avons demandé aux gouvernements européens d’accélérer les décisions très importantes qu’ils ont prises le 21 juillet. Nous leur avons demandé de nous confirmer qu’il y avait bien un fond de stabilisation financière qui pourra lui-même intervenir sur les marchés secondaires le plus rapidement possible", a déclaré Jean-Claude Trichet.

"La crise la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale"

"Depuis quatre ans, nous sommes dans une période de tension : elle a commencé le 9 août 2007, c’est le début des turbulences financières. Depuis cette période, nous avons une succession de tensions", a-t-il poursuivi.

"Il y a une multitude de facteurs qui jouent, y compris les répliques successives de la crise très grave que nous avons depuis août 2007. Au total, et singulièrement depuis Lehman Brothers, c’est la crise la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale. Et je crois que cela aurait pu être la crise la plus grave depuis la première guerre mondiale si l’ensemble des responsables n’avaient pas pris des décisions très importantes", a ajouté Jean-Claude Trichet.

"Ce qu’il faut, c’est rétablir la confiance"

Pour envisager une sortie de crise, "nous avons d’une manière générale un problème de confiance dans l’économie internationale", a estimé le patron de la BCE, avant d’ajouter : "ce qu’il faut, c’est rétablir la confiance".

Du côté de la Banque centrale européenne, rétablir la confiance passe par "la stabilité des prix", le sacerdoce de cette institution. Et Jean-Claude Trichet a prévenu : cette stabilité "est extrêmement importante". La BCE ne fera donc pas tourner la planche à billets pour éviter de relancer l’inflation.