Toyota délocalise en France

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Toyota délocalise en France
@ MaxPPP
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La citadine Yaris à essence, destinée aux États-Unis, sera produite à Valenciennes.

La mondialisation et son flot de délocalisations profitent parfois à la France. Toyota va en effet transférer dans son usine de Valenciennes, à partir de mai 2013, une partie de la production de sa Toyota Yaris 3e génération destinée aux marchés nord-américains, jusqu'ici produite au Japon.

Quelque 25 000 exemplaires de cette citadine devraient ainsi être exportés chaque année, à destination des Etats-Unis, du Canada et de Porto Rico.

Un investissement de 8 millions d'euros

"Cette exportation vers les Etats-Unis témoigne de notre engagement en faveur de la fabrication européenne, mais aussi de notre vision globale qui nous a permis de prendre la tête du développement des petites et moyennes voitures", relève Didier Leroy, le père de l'usine de Valenciennes, et actuel directeur du groupe japonais au niveau européen.

Usine Toyota de Valencienne

© MaxPPP

"Les constructeurs automobiles français s'y sont toujours cassés les dents. Les Japonais relèvent le défi : ce sont eux qui pourraient imposer le 'made in France' aux Etats-Unis", s'enthousiasme le journaliste spécialisé du journal Le Monde Philippe Jacqué.

En  réalité, la Toyota Yaris 3e génération est déjà produite à Valenciennes depuis avril dernier, mais uniquement sa version hybride, destinée à l'Europe. L'usine produit également la Yaris 1ère génération depuis le 31 janvier 2001. C'est la version essence de la troisième génération, réservée au marché américain, qui arrive en mai 2013. Et avec elle, un investissement supplémentaire de 8 millions d'euros.

Les constructeurs fuient le Japon

"Ce surcoût s’explique par un cahier des charges un peu différent pour satisfaire aux  exigences particulières du marché nord-américain : installation d’un moteur essence 1,5 litre, boîte automatique spécifiques à l'Amérique du Nord, différences au niveau du bouclier arrière ainsi que d'autres éléments liés à la législation locale", détaille le site spécialisé Largus.com.

Selon les analystes, cette initiative de la part de Toyota vise à protéger ses résultats de la hausse du yen et de l'envolée du prix de l'énergie au Japon. Avec la crise de l'euro, le yen s'est en effet fortement apprécié face au dollar, renchérissant ainsi le coût des exportations de voitures fabriquées au Japon. Et il faut ajouter à cela l'augmentation de la facture énergétique des usines japonaises, du fait de l'arrêt des centrales nucléaires après le drame de Fukushima.

La décision de Toyota fait suite à celles de ses concurrents japonais Honda Motor, Nissan Motor et Mazda Motor d'ouvrir de nouvelles usines au Mexique pour fournir le marché américain, afin de limiter là aussi les exportations à perte en provenance du Japon.