Total : la reprise n’est pas totale

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Total : la reprise n’est pas totale
@ MaxPPP
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Toutes les raffineries sauf Dunkerque ont voté une suspension de la grève jeudi.

Au lendemain de l'accord conclu entre syndicats et direction, le personnel de Total a voté mercredi la fin de la grève dans toutes les raffineries, sauf à celle de Dunkerque où les salariés ont laissé éclater leur colère.

Les délégués ont insisté sur le fait que le vote portait "sur une suspension de la grève et non une fin de grève" et que le mouvement pourrait être relancé en fonction du contenu du comité central d'entreprise du 8 mars consacré au devenir de la raffinerie des Flandres.

Margerie veut rassurer

Christophe de Margerie, directeur général de Total, a tenté mercredi de rassurer les salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord) en affirmant sur France 2 qu'il n'y aurait aucun licenciement et que tout le monde serait repris.

"Les salariés de Total n'ont aucun souci à se faire. Il n'y aura pas de licenciement, tout le monde sera repris", a-t-il dit à propos du site des Flandres, toujours menacé de fermeture après l'accord entre le groupe et ses principaux syndicats. "Pour pouvoir discuter, il faut que le calme revienne. Pour Dunkerque, on va s'occuper d'eux de manière responsable", a-t-il dit. L'avenir de ce site sera discuté lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 8 mars.

Poursuite à Dunkerque

Les engagements pris par le groupe pétrolier de ne pas fermer ou céder de raffineries en France dans les cinq ans à venir ne concernent pas la raffinerie des Flandres à l'arrêt depuis septembre. Son sort sera arrêté lors du comité d'entreprise du 8 mars.

A Dunkerque, une centaine de salariés ont donc voté à main levée et à l'unanimité la poursuite de la grève, à l'appel de l'intersyndicale locale Sud (majoritaire), FO et CGT. "Nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conclusions de la négociation de mardi qui ne confirme pas le redémarrage de notre outil de travail", a déclaré Patrick Leclaire, délégué FO.

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a encore haussé le ton mercredi à l'encontre du groupe, accusant sa direction de ne pas avoir été "assez claire". Le site de Dunkerque devra rouvrir s'il n'y a pas "un vrai projet de substitution", a-t-il asséné.

A Feyzin dans le Rhône, certains salariés ont aussi fait part de leur amertume. "On s'arrête sur des promesses faites par des menteurs", s'est inquiété l'un d'entre eux pendant l'assemblée générale.