Tabac : Bachelot fâche les buralistes

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Tabac : Bachelot fâche les buralistes
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En évoquant une augmentation du prix des cigarettes 10% par an, la ministre a provoqué la colère des buralistes… et de l’UMP.

Roselyne Bachelot a-t-elle parlé trop vite ? Interrogée vendredi sur RMC et BFM TV à propos de la hausse du prix du tabac, la ministre de la Santé a indiqué être "favorable à une augmentation importante". Alors que le journaliste lui avançait le chiffre de 10% par an pendant plusieurs années, elle a répondu : "la ministre de la Santé y est favorable". Avant de nuancer : "Je plaide pour cela, je ne dis pas que ça va se faire."

Le chiffre avancé par Roselyne Bachelot a fait bondir les buralistes. "Le chiffre choc de 10% par an, c'est inacceptable", a réagi Pascal Montredon, le président de la confédération des buralistes. "Ce serait l'explosion du marché parallèle, que ce soit la contrefaçon, les achats à l'étranger ou via internet. Surtout en période de crise ! Et je n'ai pas du tout envie de me retrouver comme en 2003 (lorsque les cigarettes ont augmenté de 30%, Ndlr) où 4.000 buralistes se sont retrouvés au tapis."

Les buralistes en colère donc, mais pas seulement. Les trois députés UMP chargés d'une mission d'information sur la situation des vendeurs de tabacs sont eux aussi montés au créneau. "En voulant aller trop vite et trop loin, c'est une fausse baisse de la consommation à laquelle nous allons assister, puisque ce sont les achats légaux de tabac qui diminueront et faiblement la consommation", écrivent Richard Mallié, Thierry Lazaro et Jean-Marie Binetruy dans un communiqué commun.

"Comme nous avons pu le constater avec la hausse des prix du tabac en 2002/2003, une augmentation trop importante du prix du tabac a pour conséquence principale de déplacer les achats de cigarettes de la France vers l'étranger", poursuivent les députés UMP. La balle est donc désormais dans le camp de Nicolas Sarkozy, qui officialisera le chiffre définitif lors de la présentation de son plan cancer. Reste à savoir si le président de la République décidera de ménager ou pas un électorat d’ordinaire favorable à la droite.