Suicides : le plan de France Télécom

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Suicides : le plan de France Télécom
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3.500 personnes vont être recrutées en 2010 et les méthodes de management vont être revues.

France Télécom a dévoilé jeudi huit priorités, dans la gestion du personnel et la mesure de la performance des salariés notamment, pour répondre à la vague de suicides de salariés qui a touché l'entreprise. En 2008 et 2009, 35 salariés du groupe se sont suicidés, les syndicats accusant notamment les conditions de travail et le management d'être responsables de la série noire.

"Je me refuse à considérer que les suicides, si dramatique soient-ils, sont les seuls indicateurs de la politique sociale d'une entreprise", a déclaré le nouveau directeur général Stéphane Richard en compagnie de sa directrice adjointe pour les opérations France, Delphine Ernotte.

3.500 recrutements

La direction veut "renouer avec une politique de l'emploi active", a précisé Delphine Ernotte, avec le recrutement en 2010 de 3.500 personnes, en priorité parmi les 4.700 apprentis du groupe et les personnes handicapées. Autre engagement, la mobilité des salariés sera basée sur le volontariat. "Les mobilités forcées sont proscrites pour les personnes à moins de trois ans de la retraite, et exceptionnelles pour les autres", a rappelé Stéphane Richard. L'entreprise s'engage par ailleurs à "tout mettre en œuvre pour préserver l'activité sur les petits sites" et ne pas les fermer, a précisé Delphine Ernotte.

Face aux critiques des syndicats qui dénonçaient des objectifs individuels inatteignables imposés aux salariés, la direction va "donner un poids plus important aux objectifs collectifs", et fixer les objectifs individuels en fonction du parcours du salarié (débutant, confirmé, expert) et non plus de "valeur absolue". La société compte aussi mettre en place un plan spécifique aux salariés en difficulté, le directeur général ayant estimé à environ 2.000 personnes le nombre d'employés "en grande fragilité", dans une interview à BFM Radio jeudi.

La performance sociale

La part variable de la rémunération des 1.100 cadres dirigeants du groupe - y compris celle de Stéphane Richard -, qui représente aujourd'hui entre 30 et 50% de leur salaire, sera attribuée non seulement sur des critères économiques, mais aussi de performance sociale, comme l'absentéisme ou la satisfaction des salariés.

Stéphane Richard, qui réunit lundi les syndicats, a précise qu'"un nouveau baromètre social", mis en place en juin, permettra de suivre l'évolution de ces mesures. Pour la CFTC, certaines de ces mesures "sonnent creux", mais elle salue "le mea culpa de la direction". La CFE-CGC-Unsa s'est déclarée de son côté satisfaite de ces "engagements publics".