Sarkozy va défendre une taxe Tobin à Copenhague

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Sarkozy va défendre une taxe Tobin à Copenhague
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Une taxe de 0,01% sur les transactions financières apporterait une aide de 20 milliards d’euros par an.

Alors que la menace d'un échec plane au-dessus de Copenhague, les chefs d'Etat arrivent dans la capitale danoise. Les 120 dirigeants vont devoir se mettre d'accord rapidement sur de nombreux points, puisque les négociations ont pris du retard. Un échec des négociations serait "catastrophique" selon Nicolas Sarkozy, qui viendra notamment avec une proposition de taxe sur les transactions financières, sorte de taxe Tobin, version Sarkozy.

Le plan "justice-climat", avec lequel Jean-Louis Borloo a fait le tour de la planète, propose l’instauration d’une taxe de 0,01 % sur les transactions financières. Elle permettrait aux pays les plus vulnérables de faire face aux conséquences des changements climatiques.

L’idée de taxer les banques est logique pour Alain Juppé. "Après l’exemple que nous ont donné les grandes institutions financières dans la crise, leur demander de participer serait une bonne chose. Et avec une taxation extrêmement faible, on peut dégager des sommes considérables."

Chantal Jouanno pense que la France n’est pas isolée. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie fait le compte des pays qui la soutiennent. "Qu’on ait l’Afrique avec nous, que le Brésil aussi pousse cette idée, ça permet déjà de créer un climat beaucoup plus favorable sur cette idée, qui est quand-même assez simple taxe. Avec une taxe de 0,01%, vous avez 20 milliards d’euros par an".

Drôle de parcours pour cette taxe passée des tiroirs du mouvement altermondialiste au bureau du président français. Attac défend, depuis sa création en 1998, l’instauration de la taxe Tobin. Son représentant français à Copenhague, Christophe Aguiton, trouve "ce cheminement surréaliste". "L’UMP, comme longtemps le PS, n’a pas voulu mettre cette revendication en application. Nous sommes évidemment ravis que toute une série de dirigeants du monde, à commencer par Gordon Brown, et maintenant même Nicolas Sarkozy, reconnaissent qu’il s’agit d’une bonne idée."

Reste à savoir comment Nicolas Sarkozy pourra la glisser dans les textes des négociations. Peut-être est-il déjà trop tard pour les grandes déclarations d’intentions.