Sanofi : la direction reste évasive

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Sanofi : la direction reste évasive
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Le groupe pharmaceutique n'a pas donné de précision sur le plan de restructuration à venir.

Le plan de restructuration de Sanofi concernera-t-il, comme l'annoncent des syndicats, entre 1.200 et 2.500 postes ? Difficile à savoir. Jeudi matin, la direction s'est refusé à donner un chiffrage officiel de suppressions d'effectifs lors d'un comité de groupe. "La question des effectifs n'est pas du tout abordée, car, à ce stade, ce serait prématuré", a défendu Christian Lajoux, le président de Sanofi à l'issue d'un comité de groupe à Gentilly, dans le Val-de-Marne, mettant en avant "une démarche stratégique".

Toutefois, le directeur général du groupe, Chris Viehbacher, a présenté jeudi un projet prévoyant des suppressions de postes de chercheurs sur ses sites de Toulouse et de Montpellier. Il a précisé que ces suppressions d'emplois s'effectueraient via des mesures de mobilité et d'âge ainsi que par des départs volontaires, a ajouté ce représentant syndical. Le directeur général a aussi annoncé aux représentants du personnel son intention de centraliser la recherche du groupe pharmaceutique et ses fonctions "support" à Paris et à Lyon.

Chiffrage précis en septembre

La CFDT, premier syndicat du groupe, estime elle aussi que 1.200 à 2.500 postes seraient concernés par la restructuration. De son côté, la direction de Sanofi a préféré énoncé les grandes lignes de la restructuration envisagée. Elle prévoit ainsi une réorganisation de la recherche amont, des fonctions support et de son activité vaccin, selon Pascal Vially, coordonnateur de la CFDT.

Le chiffrage précis des postes concernés devrait être annoncé lors de "discussions sérieuses à partir de septembre" entre les syndicats et la direction. Cette dernière a "parlé de privilégier les plans de départs volontaires, les mesures d'âge et les mobilités internes", d'après Pascal Vially.

"On craint le pire"

Mercredi, une cinquantaine de salariés du groupe pharmaceutique ont sillonné la capitale à bord d'un bus pour manifester leur colère."On ne parle jamais de nous. On parle de Renault, de Peugeot, mais jamais de l'industrie pharmaceutique", regrette Valérie, l'une d'entre eux. "Mais on craint le pire. Depuis 2006, on a perdu plus de 3.000 emplois", rappelle cette visiteuse médicale.

Olivier Amat, délégué syndical CGT, redoute la restructuration à venir. "On est dans un plan d'économies de deux milliards d'euros. Le précédent plan, qui était aussi de deux milliards nous a coûté 4.000 emplois", rappelle-t-il.