Ryanair promet (encore) l’Amérique à 14 euros

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Ryanair promet (encore) l’Amérique à 14 euros
@ PHILIPPE HUGUEN/AFP
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VOYAGE, VOYAGE - La compagnie à bas coûts planche officiellement sur des liaisons transatlantiques. Mais ce n’est pas pour tout de suite.

C’était jusqu’à présent la lubie du PDG de Ryanair, c’est désormais une piste officiellement entérinée par le conseil d’administration : la compagnie aérienne va tenter de proposer une liaison à bas coût entre l’Europe et les Etats-Unis. La promesse est toujours aussi alléchante : proposer sur chaque vol quelques billets à 14 euros. Mais avant cela, il faudra se constituer une flotte d’avions dédiés.

Un "projet transatlantique" pour Ryanair. "Le conseil d'administration de Ryanair (...) a approuvé des projets de développement pour la croissance future, dont un projet transatlantique", a expliqué l'entreprise dans un communiqué. Avant de préciser : "les consommateurs européens veulent des coûts de transport moins élevés vers les Etats-Unis, tout comme les Américains le souhaitent vers l'Europe. Nous considérons cela comme un développement logique".

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© STAN HONDA/AFP

Relier une vingtaine de villes de part et d’autre de l’Atlantique. Afin de réduire les coûts et de proposer les tarifs les plus bas, Ryanair se concentrerait sur les lignes les plus fréquentées, et donc potentiellement les plus rentables. Une douzaine de villes seraient concernées en Europe, dont Dublin, Londres, Cologne et Berlin, et autant de l’autre côté de l’Atlantique, toutes situées dans l’Est américain (New York, Boston, Washington, Miami). Un choix de villes qui ne doit rien au hasard puisqu’il correspond peu ou prou aux lignes internationales les plus fréquentées : la liaison Londres-New York est la cinquième plus importante au monde et celle entre New York et Paris la dixième plus importante.

Pas avant "quatre ou cinq ans". Mais il faudra patienter avant de pouvoir partir aux Etats-Unis pour moins de 20 euros : il ne s’agit pour l’instant que d’un projet à affiner, rien ne sera concret  avant "quatre ou cinq ans". Et Ryanair ne l’a pas caché : cela n’aboutira que si la compagnie low cost arrive à acheter des avions long-courrier à des tarifs compétitifs et surtout dans des délais raisonnables, les constructeurs aéronautiques ayant des carnets de commande très chargés. 

"Il est difficile de savoir quand Ryanair aura réuni suffisamment d'avions -au moins une vingtaine ou une trentaine dans un premier temps- mais quoi qu'il arrive, une mise en service est difficilement envisageable avant 2019 ou 2020, au plus tôt", a confirmé Cliff Taylor, un analyste du monde des affaires dans les colonnes de l'Irish Times.

Promettre le rêve américain, c’est aussi une opération de comm’. Ce n’est pas la première fois que Ryanair annonce vouloir commercialiser des billets pour la côte Est américaine à partir de 14 euros : son PDG l’avait déjà évoqué en mai 2014, suscitant une avalanche d’articles de presse. Seule évolution notable, le conseil d’administration de la compagnie aérienne a entériné cette stratégie mais cela est suffisant pour faire à nouveau parler de l’entreprise sous un angle positif. Ryanair se présente ainsi comme étant toujours à l’avant-garde de l’aviation low cost, avec une hypothétique offre plus qu’alléchante. Bref, un rêve américain mais aussi une opération de communication quasi-gratuite.

Le low cost transatlantique suscite les convoitises. Ryanair a d’autant plus intérêt à préempter symboliquement le low cost transatlantique que cette niche suscite les convoitises. L’Allemand Lufthansa a ainsi annoncé récemment qu’il travaillait lui aussi sur des liaisons intercontinentales à bas coûts.

Mais tout le monde ne pourra pas investir ce secteur, qui nécessite d’avoir des réserves financières importantes et d’atteindre rapidement des volumes de voyageurs importants. Deux conditions indispensables pour éviter de rééditer les échecs des compagnies qui ont tenté le low cost entre l’Europe et l’Amérique : comme le rappelle mardi le quotidien Les Echos, les compagnies Zoom Airlines, Skytrain et Air Shuttle se sont toutes cassées les dents. D’autant que les transporteurs aériens classiques n’ont cessé de réduire leurs tarifs au cours des dernières années, certains allant jusqu’à proposer des vols en-dessous des 400 euros.

>> Quelques jours après cette annonce, Ryanair a tenu à préciser qu'un tel projet n'était pour l'instant qu'au stade de la réflexion, même si le groupe est "très désireux" d'aboutir. D'autant que la compagnie aérienne devra, avant de relier l'Amérique du Nord, créer une filiale spécifique et l'équiper en avions long-courrier.

>> Retrouvez, sur le même sujet, l'Edito Eco d'Eric Le Boucher :



Ryanair lance le low cost vers les États-Unispar Europe1fr

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