Gaz : risque de pénurie l'hiver prochain en cas de grand froid

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Gaz : risque de pénurie l'hiver prochain en cas de grand froid
GRTgaz alerte sur la potentielle pénurie de gaz cet hiver@ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Pour être sûrs d'avoir suffisamment de réserve de gaz en cas de grand froid cet hiver, les gestionnaires de réseaux conseillent d'augmenter les approvisionnements en GNL.

La France risque de manquer de gaz au cours de l'hiver 2017-2018 en cas de périodes de grand froid à cause du faible niveau des souscriptions aux sites de stockage, ont annoncé mercredi les deux gestionnaires de réseaux de transport de gaz français.

Augmenter les stocks de GNL. GRTgaz (filiale d'Engie) et TIGF alertent en conséquence les acteurs du marché, les appelant à augmenter leurs stocks et leurs approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL). Les deux gestionnaires du réseau français ont expliqué dans un communiqué que, "sans augmentation des souscriptions de stockages souterrains de gaz, des arrivées rapides de gaz naturel sur les réseaux seront indispensables pour assurer l'approvisionnement des consommateurs en cas de périodes froides pour l'hiver prochain". Selon GRTgaz et TIGF, les volumes souscrits à date dans les stockages français s'élèvent à 79,7 térawattheures (TWh) actuellement contre 111 à 114 TWh observés au début des trois hivers derniers.

Un manque de visibilité. Storengy, filiale d'Engie et principal opérateur français d'infrastructures de stockage, avait déjà prévenu en avril que le faible niveau des réservations de capacités par les différents fournisseurs menaçait la sécurité d'approvisionnement du pays. Le secteur gazier se plaint globalement d'un manque de visibilité - voire de régulation tarifaire - dans le stockage en France, un projet de réforme ayant notamment échoué en 2016 sur fond de conflits juridiques et politiques.

Des stocks en flux tendu. Bien que les fournisseurs aient des obligations en matière de stockage pour répondre à la demande hivernale des consommateurs, ils rechignent à jouer le jeu en raison d'un différentiel de prix entre l'hiver et l'été qui a fortement baissé ces dernières années et ne couvre plus les coûts du stockage. La demande de gaz en France a été satisfaite au cours de l'hiver dernier mais, le système électrique ayant dû faire appel à des centrales à gaz pour compenser la faible disponibilité des réacteurs nucléaires en début d'année, des tensions sont apparues dans le Sud-Est du pays et les opérateurs ont dû puiser dans les stockages.