Renault : la direction sur un siège éjectable

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Renault : la direction sur un siège éjectable
Patrick Pélata (à d.), numéro deux de Renault, pourrait être contraint de quitter le groupe pour préserver le PDG Carlos Ghosn (à g.).@ REUTERS
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Alors que l’espionnage se dégonfle, le constructeur tente de sauver les meubles… et Carlos Ghosn.

Espionnage ou manipulation ? Difficile de connaître la vérité dans l’affaire Renault, alors que Patrick Pélata, directeur général du constructeur, a fait son mea culpa dans les colonnes du Figaro vendredi, en reconnaissant que l’entreprise était sans doute allée trop vite en licenciant trois cadres soupçonnés d’avoir transmis des informations confidentielles à des concurrents.

Ghosn s’était impliqué

Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une communication de crise, décidée après que le procureur de la République de Paris a fait savoir à la direction de Renault qu’il était temps de passer à l’étape suivante. C’est-à-dire la reconnaissance de fait qu’aucune preuve d’espionnage n’est venue des parquets luxembourgeois et suisses. Très peu de temps après l’intervention du magistrat, le constructeur invitait des journalistes du Figaro à se rendre au siège de la marque, pour y interviewer Patrick Pélata.

La priorité semble désormais d’épargner Carlos Ghosn. Car c’est lui qui incarne l’alliance stratégique Renault-Nissan, et le groupe n’est pas prêt à trouver une nouvelle tête pour porter ces deux entités. Il paraît pourtant difficile d’éviter que le PDG ne soit pas au moins éclaboussé par cette affaire. Car il s’était impliqué en se rendant sur TF1 à la fin du mois de janvier pour soutenir Patrick Pélata, avec qui il forme un binôme inséparable depuis 30 ans. Et qui est aujourd’hui en première ligne. Et alors que Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a appelé sur RMC la direction de Renault a "tiré toutes les conséquences" de l’affaire, il apparaît probable que Patrick Pélata soit contraint de se sacrifier pour préserver Carlos Ghosn.

Chasse aux sorcières

D’autres têtes devraient tomber. La chasse aux sorcières a d'ailleurs déjà commencé et l’ambiance est des plus tendues en interne. Rémi Pagnie, responsable de la sûreté chez Renault, ne dort plus, selon les informations d’Europe 1, car il sait déjà qu’il va faire les frais de cette histoire. L’un des enquêteurs est en arrêt maladie depuis 15 jours, et le responsable juridique a été ouvertement pointé du doigt par Carlos Ghosn, puisque le PDG a déclaré qu’il lui avait fait toute confiance pour déclencher les licenciements.