Redressement fiscal de Google : "pas un gros trou dans leur porte-monnaie"

  • A
  • A
Partagez sur :

Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques et auteur de Les paradis fiscaux, revient sur le redressement de Google par le fisc français. 

INTERVIEW

Peut-on gagner la guerre de l'optimisation fiscale contre les géants mondiaux ? En France, Google se retrouve sous le coup d'un redressement fiscal de 1,6 milliard d'euros. Invité jeudi de la matinale d'Europe 1, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques et auteur de Les paradis fiscaux (Ed. La Découverte),explique que cette somme reste une goutte d'eau pour une entreprise de la taille de Google. 

Pourquoi Google doit-il une telle somme ? "On pense que Google transfère de manière artificielle ses profits vers des paradis fiscaux, notamment les Bermudes", explique Christian Chavagneux. Un procédé "très facile" à mettre en place et pratiqué par toutes les grandes multinationales, françaises comme étrangères, indique le spécialiste. On ne parle cependant pas de fraude. "C'est de l'optimisation fiscale agressive. Ils interprètent la loi de telle sorte qu'ils pensent qu'ils ont le droit de le faire, mais visiblement le fisc français n'est pas d'accord", souligne-t-il. Google affirme de son coté respecter les règles fiscales de tout les pays où il opère et refuse de commenter ce chiffre. 

Une tendance qui devrait continuer. Si le chiffre d'1,6 milliard d'euros est impressionnant, cela ne risque cependant pas d'inquiéter une entreprise comme Google. "Ils ont accumulé des centaines et des centaines de milliards de dollars dans les paradis fiscaux, donc cela ne va pas leur faire un gros trou dans le porte-monnaie", note Christian Chavagneux. Cela reste cependant bien plus que les 165 millions d'euros que Google doit au Royaume-Uni. Une tendance qui devrait se poursuivre, notamment en Europe. "C'est la première fois qu'on peut dire, depuis un siècle, qu'on essaye de réécrire les règles de la taxation dans une économie mondialisée", se félicite l'éditorialiste.