Qui est Fincantieri, le repreneur italien de STX France ?

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Qui est Fincantieri, le repreneur italien de STX France ?
Le constructeur naval basé à Trieste emploie 19.200 salariés à travers plus de 20 chantiers navals dans le monde.@ MARCO BERTORELLO / AFP
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Le gouvernement a présenté jeudi un projet d'accord pour la reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire par l'italien Fincantieri, plus gros constructeur occidental. 

C'est désormais acté, les chantiers navals STX France passeront bien sous pavillon italien, avec pour capitaine le groupe Fincantieri, principal constructeur naval occidental. Le groupe, qui faisait depuis de nombreuses années les yeux doux à Saint-Nazaire, est un véritable mastodonte. 

48%

C'est la part qu'aurait accepté de prendre Fincantieri dans les chantiers navals STX France. L'Italie en aura néanmoins le contrôle grâce à la présence d'une fondation bancaire privée transalpine, CR Triest, qui obtiendrait autour de 7%. L'État français, lui, conserve les titres qu'il détient, à hauteur de 33%, et conserve son droit de veto. Le groupe militaire public DCNS, lui, obtiendrait environ 12% du capital, a expliqué mercredi le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue lors d'une conférence de presse.

7.000

Fincantieri est créé par l'État italien en 1959 afin de chapeauter les chantiers navals de la péninsule. Sous-marins, corvettes, navires de croisière, méga-yachts... le groupe, en s'appuyant sur cet héritage, se targue d'avoir fabriqué plus de 7.000 navires en 230 ans. Parmi eux, le Queen Victoria, construit en 2007 et son sister-ship, le prestigieux Queen Elizabeth en 2010, qui dispose d’une capacité de 2.092 passagers, pour la compagnie américaine Cunard Line. En 2006, Fincantieri a aussi construit pour Costa Croisières le tristement célèbre Costa Concordia, victime d'un naufrage en janvier 2012 au large de la Toscane.

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Fincantieri a notamment fabriqué le prestigieux Queen Elizabeth pour la compagnie américaine Cunard Line. © CHRIS ISON / CUNARD / AFP


19.200

C'est le nombre de salariés qu'emploie le constructeur naval basé à Trieste. Parmi ses principaux chantiers, celui de Monfalcone, sur la côte adriatique, non loin de la Slovénie, emploie environ 2.000 personnes, auxquels s'ajoutent quelque 3.000 sous-traitants. C'est l'un des chantiers navals les plus grands d'Europe, mais sa cale sèche ne mesure "que" 350 mètres de long et 56 mètres de large. Cela reste moins que les chantiers navals STX France, qui mobilisent 2.600 salariés et disposent d’une cale sèche de 400 mètres de long et 80 mètres de large.

8

C'est le nombre de pays dans lesquels le groupe Fincantieri dispose de chantiers navals. Outre la France et l'Italie donc, le constructeur est présent en Norvège, en Roumanie, au Vietnam, aux États-Unis, au Brésil et en Chine, pour plus de 20 chantiers au total.

4,4 milliards

Le chiffre d'affaires de l'ancien holding public a atteint en 2016 4,4 milliards d'euros, soit une hausse de 5,9% en un an, et le double d'il y a quinze ans.  Un tiers de ce chiffre d’affaires est réalisé grâce aux navires militaires, et environ la moitié grâce aux bateaux de croisières : MSC Croisières, Ponant ou Viking lui ont notamment passé commande.

24 milliards

Le carnet de commandes de l'Italien est aujourd'hui le plus important de son histoire (24 milliards d'euros), ce qui représente plus de cinq ans de travail. Fincantieri revient pourtant de loin. En 2015, il avait notamment essuyé une perte de 289 millions d'euros, tandis que la valeur de son titre en Bourse avait diminué de moitié.

4 milliards

C'est le montant, en euros, du méga-contrat décroché par Fincantieri à l'été 2016 avec le Qatar. L'accord, qui porte sur la construction de sept navires militaires, état convoité par… le français DCNS.

71,6%

Le groupe est aujourd'hui détenu à 71,6% par l'État italien, ce qui ne manque pas d'inquiéter Nathalie Durand-Prinborgne du syndicat FO. Pour elle, l'accord acté aujourd'hui avec l'État français "est une nationalisation italienne déguisée". Autre motif d'inquiétude, la création en juillet 2016 d'une coentreprise avec China State Shipbuilding Corporation, prévoyant la construction en Chine de navires de croisière destinés au marché local. Certains craignent ainsi une possible fuite de savoir-faire, même si Ficantieri s'est voulu rassurant sur ce thème.