PSA : un mois de bras de fer et ...

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PSA : un mois de bras de fer et ...
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et Philippe Varin le président du directoire de PSA.
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CHRONO - Depuis fin juin, les déclarations se succèdent. En attendant les annonces concrètes.

Alors que le plan de soutien à la filière automobile, attendu avec impatience par les professionnels du secteur, doit être annoncé mardi, Europe1.fr déroule le fil d'un mois mouvementé entre PSA et le gouvernement Ayrault.  

• Fin juin, les premiers nuages 

28 juin 2012 : PSA annonce des économies. La tenue d'un CCE extraordinaire est aussi annoncé aux syndicats "bien avant la fin du mois de juillet". L'inquiétude monte pour le site d'Aulnay-sous-Bois.

29 juin : "l'Etat sera présent", assure Sapin. Alors que PSA annonce la convocation de deux CCE extraordinaires les 12 et 25 juillet, le ministre du Travail dit attendre "que les responsables de Peugeot nous disent ce qu'ils veulent". "C'est à eux de dire leur analyse, de dire leurs propositions et à ce moment là, l'Etat sera présent", indique le ministre. Le lendemain, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, presse PSA de faire "connaître ses intentions au plus vite et de façon précise" sur l'avenir de plusieurs sites.

• Début juillet, une tempête s'annonce

3 juillet : 10.000 suppressions de postes ? Un délégué syndical Force ouvrière de PSA Peugeot Citröen crée  l'émoi en évoquant la possibilité que la direction alourdisse un plan de suppression de postes à 8 à 10.000 emplois, les autres syndicats du constructeur se montrant réservés sur ces chiffres.

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© MAX PPP

6 juillet : recul des ventes de PSA. Le constructeur annonce un recul de ses ventes mondiales de 13% au premier semestre à 1,62 million de véhicules.

11 juillet : Montebourg prédit "un choc".Les annonces que fera PSA Peugeot-Citroën seront un choc pour la Nation et le gouvernement aidera le groupe automobile, déclare le ministre du Redressement productif sans donner plus de détails. Sapin accuse Sarkozy d'avoir fait retarder le plan social.  "Est-ce que vous avez remarqué que Monsieur Varin avait été plusieurs fois convoqué dans le bureau de Nicolas Sarkozy ? Vous pensez que c'était pour parler du nouveau modèle qui allait sortir chez Citroën et Peugeot ? Non, c'était pour parler de ces sujets-là", accuse le socialiste.

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© MAXPPP

• Le coup de tonnerre du 12 juillet

12 juillet : PSA supprime 8.000 postes. Après des semaines de conjectures, PSA Peugeot Citroën  annonce son intention de supprimer 8.000 postes supplémentaires sur ses sites français face à la dégradation du marché automobile européen et de fermer son usine de production d'Aulnay-sous-Bois en 2014. "Personne ne sera laissé au bord du chemin", assure toutefois le président du directoire de PSA. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault demande aussitôt une "concertation" à PSA et promet un "plan" sur l'automobile pour le 25 juillet. Le gouvernement n'accepte "pas en l'état" le plan de PSA, renchérit Arnaud Montebourg tandis que François Hollande fait part de sa "vive préoccupation".

14 juillet : Hollande qualifie le plan d'"inacceptable". "L'Etat ne laissera pas faire" assure le président de la République lors de son rendez-vous télévisé du 14-juillet. "Ce plan, je le considère en l'état, inacceptable", "il doit être renégocié", ajoute-t-il.

françois hollande sur france 2

© CAPTURE D'ECRAN FRANCE 2

17 juillet : "pas de licenciements secs", répète PSA. Philippe Varin s'engage de nouveau à ce qu'il n'y ait "pas de licenciements secs" alors que le constructeur automobile prévoit de supprimer 8.000 postes dans l'Hexagone. Un document interne ayant filtré indique cependant que si le groupe ne trouvait pas suffisamment de volontaires au départ, une phase de licenciement collectif pour motif économique serait ouverte.

• Mi-juillet, la famille Peugeot dans l'œil du cyclone

19 juillet : Thierry Peugeot juge qu'il y a "des limites" à la critique. La famille Peugeot considère qu'il "y a des limites" après les critiques du gouvernement à PSA Peugeot Citroën. "Il n'y a pas de dissension au sein de la famille. Il y a l'unanimité totale. Et le conseil de surveillance a clairement exprimé son soutien à Philippe Varin, début juin", déclare t-il.

thierry peugeot

© REUTERS

18 juillet : Montebourg attaque la famille Peugeot. Le gouvernement socialiste français a un "vrai problème" avec la stratégie adoptée ces dernières années par le constructeur automobile privé PSA Peugeot Citroën, déclare le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. La famille Peugeot se défend et dit avoir "toujours donné" priorité au groupe.

23 juillet : Varin s'"engage". Lors d'un entretien avec Jean-Marc Ayrault, Philippe Varin, président du directoire de PSA, s'est "clairement engagé" à prendre des mesures "tenant compte des demandes" de François Hollande et du gouvernement. Parmi ces "demandes" figurent notamment, selon un communiqué de Matignon, "la limitation de l'impact sur l'emploi" du plan de restructurations chez PSA, "l'accompagnement de chaque salarié jusqu'à l'obtention d'un emploi" ou encore "le maintien d'une activité industrielle sur le site d'Aulnay-sous-Bois".

• Une éclaircie le 25 juillet ?

24 juillet : Montebourg défend sa méthode. A la veille de la présentation du plan auto, le ministre du Redressement productif dit ne rien retirer de ses vives attaques contre le constructeur automobile Peugeot, soulignant que ses "mots ont été pesés" et que son ministère "n'est pas celui des mondanités".