Protéger la planète, une affaire de psychologie ?

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Protéger la planète, une affaire de psychologie ?
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Plusieurs scientifiques le pensent : pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut changer en profondeur les comportements.

La psychologie serait "le" grand absent du débat sur le réchauffement climatique, la pièce manquante du puzzle selon l’expression employée par le journal britannique The Guardian. Plusieurs études scientifiques récentes convergent en ce sens : sans réelle prise en compte des comportements humains et des motivations de chacun, réduire les émissions de gaz à effet de serre sera impossible. C’est "comme prendre la mer pour une destination lointaine, sans carte ni boussole", résume The Guardian.

L’affaire est prise très au sérieux en Grande-Bretagne, où est organisée mardi une conférence intitulée "psychologie et lutte contre le réchauffement climatique". A quelques semaines du sommet de Copenhague, les psychologues s’organisent ainsi pour mieux être entendus.

Car faire peur ne suffit plus. Si des chercheurs américains ont montré que ce sentiment pouvait faire changer ses habitudes, ce n’est valable que lorsque la menace est forte et directe. Or, le réchauffement climatique semble souvent un risque diffus et lointain. Ce qui se traduit dans le choix des mots : l’expression "pollution de l’air" suscite par exemple plus de réactions que "changement climatique".

Comment contourner cette difficulté ? Dès 2002, des chercheurs allemands proposaient de transformer radicalement les messages autour de l’environnement en les construisant sur le modèle suivant : définir un but à atteindre (prendre moins souvent sa voiture) et indiquer la méthode pour y parvenir (commencer par prendre le bus tous les vendredis). Dans ce modèle, les difficultés sont prévues (arriver en retard parce qu’on a raté le bus) et des solutions sont d’ores et déjà proposées (avancer son réveil et prendre une douche plus courte ce jour-là). Lutter contre le réchauffement climatique passe ainsi par un changement complet de comportement. Un processus qui n’est pas "familier", reconnaît cependant The Guardian.