Prix du pétrole : Europe qui rit, Canada qui pleure

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Prix du pétrole : Europe qui rit, Canada qui pleure
@ GEOFF ROBINS / AFP
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MAUVAISE PASSE - Le Canada est le seul pays du G7 à avoir essuyé une période de récession en 2015.

La baisse du prix du pétrole fait du bien à ceux qui l'achètent. Pas à ceux qui le produisent. Cinquième producteur d'or noir de la planète, le Canada vient en effet d'annoncer qu'il venait d'essuyer une récession au premier semestre, après une contraction de 0,8% de son PIB au premier trimestre et de 0,5% au deuxième. 

Deuxième récession pour le Canada. Le Canada devient ainsi le seul pays du G7, réunissant les pays dits "développés", à entrer en récession cette année. C'est la deuxième récession que le Canada connaît en six ans, après celle de fin 2008 et début 2009. Cette fois-ci, la récession s'explique essentiellement par la forte baisse des dépenses et des investissements des entreprises au deuxième trimestre dans les secteurs pétroliers, gaziers et miniers, ainsi que du ralentissement dans le secteur manufacturier, le bâtiment et les services publics.

Producteurs V.S. consommateurs. Selon le FMI, une baisse de 30% des prix du pétrole, comme cela a été constaté depuis juin, peut entraîner un surplus de croissance de 0,8% pour l'Europe. Car l'Europe consomme le pétrole. Pour les producteurs, en revanche, l'équation est inverse. Selon le FMI toujours, une baisse de 10% du prix du baril, c’est en effet jusqu'à 300 milliards de dollars qui passent des pays producteurs aux pays consommateurs. La Russie, troisième producteur de pétrole ou encore le Venezuela, dont l'or noir représente 95% des exportations, sont d'ailleurs également embourbés dans la récession.

Le Canada y survivra. Sitôt annoncée, la récession pourrait toutefois être terminée pour le Canada, puisque Statistique Canada a fait état d'un rebond de 0,5% du PIB en juin par rapport à mai. Le Canada pourrait notamment profiter dans les prochains mois de l'accélération de la croissance aux Etats-Unis, qui s'est établie à 3,7% au deuxième trimestre. En outre, la consommation des ménages et le secteur immobilier se portent bien et pourraient réussir à faire oublier cette mauvaise passe. Le Canada en aura bien besoin : selon les analystes, le prix du baril pourrait ne pas remonter avant fin 2016.