Pourquoi les laitiers allemands en veulent à la France

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Pourquoi les laitiers allemands en veulent à la France
Des laitiers français bloquent l'accès à leurs homologues allemands.@ FREDERICK FLORIN / AFP
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La fédération allemande de l'industrie laitière s'est fendue d'un courrier à la Commission européenne.

La préférence accordée au lait français dans l'hexagone fait grincer des dents outre-Rhin. La fédération allemande de l'industrie laitière s'est même fendue d'un courrier à la Commission européenne, lundi. Eckard Heuser, porte-parole des laitiers allemands, a jugé "inacceptables" certaines des dispositions annoncées vendredi dernier par le ministre français de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

De 250 à 300 camions allemands refoulés à la frontière française. Augmenter les prix et favoriser la production française est assimilé, pour les Allemands, à une concurrence faussée. Et cela a d’autant plus de mal à passer que la tension a été vive à la frontière franco-allemande, dimanche et lundi. Des camions-citernes remplis de lait allemand ont en effet été interdits de territoire français. Venus avec des tracteurs, un millier d'éleveurs avaient pris place, dimanche à partir de 22 heures, sur six passages routiers entre la France et l'Allemagne, dont le pont de l'Europe à Strasbourg. En tout, de 250 à 300 camions ont été refoulés, selon les organisateurs. Pour les Allemands, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Les laitiers allemands ont les mêmes problèmes que les Français. Pourtant, jusqu’à présent, les producteurs de lait allemands regardaient plutôt avec envie la fronde menée par les agriculteurs français, car ils connaissent actuellement les mêmes problèmes. Ils sont d’ailleurs eux aussi en train d’organiser la contestation sur leur sol. Comme les laitiers français, ils réclament une hausse du prix du litre de lait, qui s’est effondré depuis la fin des quotas. Un coup de pouce est d’autant plus attendu que l’embargo vers la Russie les pénalise grandement : cela représentait un débouché commercial pour un quart de la production laitière allemande.

Donc en Allemagne, on comprend bien le désespoir des éleveurs français, mais pas question pour autant de faire les frais des mesures décidées par Paris.