Pourquoi EDF est dans le collimateur de l'Autorité de sûreté nucléaire

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La centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, a été placée mercredi sous surveillance renforcée. L'Autorité de sûreté nucléaire veut davantage contrôler EDF.

Mois après mois, EDF accumule les problèmes sur ses centrales nucléaires. Dernier épisode en date : la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire de placer mercredi sous surveillance renforcée le site de Belleveille-sur-Loire, dans le Cher. En cause, selon l'ASN, l'utilisation de matériaux dégradés qui ne permettent pas de garantir leur bon fonctionnement et un manque de surveillance de la centrale.

Promesses tenues ? Le directeur du site, Jean-Marie Boursier, explique que la panne concerne précisément une tuyauterie pour les eaux luttant contre les incendies percée en juin, "remplacée dans la foulée". Depuis, assure-t-il, "on a deux fois plus de managers présents sur le terrain qu'auparavant. Quand il y a des opérations de maintenance, on fait intervenir des intervenants extérieurs. Mais on a sans doute besoin de mieux aguerrir nos surveillants à la détection des anomalies." C'est pour vérifier si ces promesses sont bien tenues que l'ASN a placé Belleville-sur-Loir sous surveillance étroite. 

Deux réacteurs à l'arrêt depuis plusieurs mois en France. Ce genre de problème n'est pas rare. Deux réacteurs sont actuellement à l'arrêt pour des anomalies sérieuses : le réacteur numéro 2 de Fessenheim (Haut-Rhin), sur lequel une pièce a été installée sans respecter les normes et celui de Paluel 2, à l'arrêt depuis la chute d'un générateur de vapeur usé, il y a deux ans. Depuis l'incident, son redémarrage a été reporté onze fois.

EDF "pas dans le contrôle". L'année dernière, pas moins de 18 réacteurs ont été mis sous surveillance pour vérifier si ces générateurs de vapeur fonctionnaient correctement. "Il y a eu un incendie à Cattenom (Lorraine), à Fessenheim… Ce n'est pas la première fois que l'ASN tire la sonnette d'alarme. On est face à un industriel qui visiblement n'est plus dans le contrôle de la sûreté nucléaire dans le parc français", déplore Cyrille Cormier, ingénieur chargé du nucléaire à Greenpeace France. Un industriel qui attend toujours un feu vert de l'ASN pour prolonger la durée de vie de ses centrales au-delà de 40 ans.