PMU et courses hippiques : le rapport sévère de la Cour des comptes

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Les sages de la rue Cambon appellent de leurs vœux une remise à plat et un changement de statut du Pari mutuel urbain, alors que les bénéfices sont en forte baisse.

Le rapport de la Cour des comptes sur "l’institution hippique" est sévère. Les sages de la rue Cambon appellent de leurs vœux une remise à plat et un changement de statut du Pari mutuel urbain (PMU). A travers les 197 pages du rapport, la Cour des comptes se penche particulièrement sur la question des deux sociétés mères des sociétés de courses, leTROT et France Galot. Ces deux sociétés contrôlent le PMU et donc la manne des parieurs, soit plus de 9 milliards d’euros. Si 77% de cette somme est reversée aux parieurs, le reste sert à financer la filière hippique en France.

Baisse des bénéfices. Le problème, pour la Cour des comptes, est que depuis l’ouverture des paris en ligne, les joueurs se détournent des champs de course et les bénéfices du PMU chutent. Pour les sages, les sociétés de course sont incapables de faire des économies et surtout de définir une stratégie face à ce déclin.

La privatisation de la FDJ pourrait "affecter l'équilibre du marché des jeux". La Cour avait déjà épinglé le secteur en octobre 2016 dans un rapport consacré à la régulation des jeux d’argent et de hasard et pointé la fragilité du secteur. En 2011, le résultat net du PMU était de 876 millions d’euros, contre 793 millions l’année dernière. La Cour des comptes souligne également la "concurrence croissante" de la Française des Jeux et évoquent même le risque de sa privatisation, qui pourrait "affecter l’équilibre du marché des jeux". L’Assemblée nationale a débuté lundi l’examen de la loi Pacte qui doit privatiser Engie, Aéroports de Paris et la FDJ.

Des questions sur l'avenir de la filière hippique. Mais derrière cet appel à la modernisation du secteur, les sociétés de course qui gèrent les grands hippodromes comme Vincennes, Longchamp ou Auteuil, renâclent et veulent à tout prix conserver le monopole. La Cour des comptes est pourtant sévère sur leur gestion, pointant par exemple du doigt la rénovation de l’hippodrome de Longchamp qui a coûté 140 millions d’euros. L’enjeu de cette réforme est l’avenir de la filière hippique, qui vit grâce à l’argent des parieurs.