Partenariat avec Netflix : SFR joue à fond la carte du divertissement

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Partenariat avec Netflix : SFR joue à fond la carte du divertissement
Altice et Netflix ont signé un partenariat pluriannuel.@ AFP / montage Europe 1
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Ligue des Champions, séries maison et désormais Netflix : SFR continue de miser sur les contenus pour faire revenir les clients dans son giron.

C’est un joli coup que vient de réaliser SFR. Altice, la maison-mère de l’opérateur, a annoncé lundi la signature d’un "partenariat pluriannuel avec Netflix". A partir du 13 juin, les abonnés de SFR pourront accéder aux contenus de la plateforme américaine de vidéo à la demande (VOD). Une étape de plus dans la nouvelle stratégie de l’opérateur, critiqué pour la qualité de son réseau internet et téléphone, mais qui préfère miser sur le divertissement.

Option payante. Les Français seront les premiers à pouvoir bénéficier de cet accord, précise le communiqué. "Le service sera proposé dans les offres SFR Family! à partir du 13 juin", précise Altice. L’offre standard de Netflix sera disponible gratuitement pendant six mois du 13 juin au 13 octobre pour les abonnés SFR Family!. Après cette période, les tarifs habituels de Netflix s'appliqueront. Les autres clients de l'opérateur pourront souscrire au service, via l'interface de leur box, aux prix habituellement pratiqués par Netflix (de 7,99 à 11,99 euros). Altice poursuivra le déploiement de ce service au Portugal, en Israël et en République Dominicaine au cours de l'année.

Exception faite des six mois gratuits pour une partie des abonnés, le partenariat entre SFR et Netflix n’a rien de nouveau. Il s’agit même d’un rattrapage puisque Bouygues Telecom et Orange proposent déjà de s’abonner à Netflix via leur box. "Ce n’est pas une question de concurrence avec les autres opérateurs", se défend-on chez SFR. "On cherche simplement à offrir les meilleurs contenus à nos clients."

Les offres s’empilent. Fidèle à cette logique, l’opérateur est devenu coutumier des grosses annonces. Avant Netflix, il y a eu, en mai, l’acquisition des droits exclusifs de diffusion de la Ligue des Champions à partir de 2018 sur sa chaîne SFR Sport. Toujours en football, SFR propose déjà la Premier League anglaise depuis l’été 2016. Par ailleurs, Altice étoffe continuellement SFR Presse, son offre numérique de journaux.

Mais le partenariat avec Netflix paraît plus surprenant puisque Altice dispose déjà d’une offre de VOD : SFR Play, riche notamment de plusieurs contenus exclusifs. Cet empilement ne risque-t-il pas d’embrouiller les clients ? "Pas du tout", répond Nicolas Chatin, directeur de l’information chez SFR. "Les deux offres se complètent. Netflix doit son succès aux séries américaines (House of Cards, Orange is the new Black, etc.) tandis que SFR Play mise sur le cinéma français". Altice produit tout de même des séries originales (Les Médicis, Taken et bientôt Riviera), également le point fort de Netflix.

"C’est très compliqué de rentabiliser les contenus exclusifs". Quoi qu’il en soit, les nouvelles offres de divertissement de SFR n’inquiètent pas plus que cela la concurrence. "Les contenus ne sont pas un facteur décisif pour l’abonnement. Ce sont la qualité du réseau et le prix qui attirent les clients", assure-t-on à la direction d’Orange. "SFR essaye de copier le modèle des câblo-opérateurs américains. Mais c’est très compliqué de rentabiliser les contenus exclusifs." Orange en sait quelque chose puisqu'elle dispose d'un partenariat avec HBO, chaîne câblée américaine, productrice entre autres de Game of Thrones, et dont elle diffuse les programmes en France sur OCS. Mais le leader français des télécoms assume une stratégie à l’opposé de celle d’Altice, en se concentrant surtout sur le déploiement de la fibre et de la 4G. "Parmi les clients qui ont choisi un opérateur l’année dernière, près d’un sur deux a opté pour Orange", se satisfait l’opérateur.

Problèmes de réseau. Il faut dire que SFR a vécu plusieurs années compliquées. Faute d’investissements suffisants sur son réseau mobile et Internet, l’opérateur a accumulé du retard sur ses concurrents et a vu ses abonnés quitter le navire – plus de 1,5 million en deux ans. SFR n’aurait-il pas plutôt intérêt à privilégier la mise à niveau de son réseau à l’acquisition de programmes de divertissement ? "Si nous pouvons signer un partenariat avec Netflix, que nous achetons la Ligue des Champions, c’est justement parce que nous avons fait les travaux nécessaires sur le réseau. Nous sommes de retour, en particulier sur le mobile", rétorque-t-on chez SFR.  

Il faut encore convaincre les clients. Une affirmation qui demande encore confirmation dans les faits. Selon l'Association Française des Utilisateurs de Télécommunications, plus de la moitié des plaintes déposées contre un opérateur en 2016 ciblait SFR. "Il y a toujours un temps de latence entre la mise au niveau technique et le moment où les clients s’en rendent compte", martèle Nicolas Chatin. Puisque le message a visiblement du mal à passer, SFR a entamé une transformation, à commencer par son nom qui deviendra Altice en juin 2018. Mais au-delà du nom, c’est "la relation-client qui doit être améliorée", reconnaît-on du côté de l’opérateur. "Cela va nous occuper une bonne partie de l’année".