Parkings payants : les prix dérapent

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Parkings payants : les prix dérapent
@ DOMINIQUE FAGET/AFP
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Obligés par la loi Hamon de réformer leur système de facturation, les gestionnaires de parking ont repris d’une main ce qu’ils ont donné de l’autre.

La Loi Hamon, c’est une réforme des conditions de vente par correspondance, la possibilité de résilier un contrat d’assurance à tout moment ou encore l’obligation faite aux compagnies aériennes de rembourser les taxes aériennes lorsqu’un billet d’avion n’est pas utilisé. Mais c’est aussi un changement des règles dans les parkings. Exit, la tarification à l’heure indivisible alors qu’une partie des utilisateurs ne l’utilisent que pour quelques minutes : à partir du 1er juillet, les parkings ne seront plus facturés à l’heure mais au quart d’heure. Résultat, le client dont la voiture sera restée 1 heure et 5 minutes dans un parking ne devra plus payer deux heures mais une heure et quart. Sur le papier, cette réforme doit donc redonner du pouvoir d’achat. Sauf que les gestionnaires de parking ont pris les devants. L’UFC Que choisir s’en alarme, preuves à l’appui.

Un "dérapage des prix" qui neutralise la réforme. Rompue à ce type de manœuvres, l'association UFC-Que Choisir a en effet surveillé l’évolution des tarifs depuis l’adoption de cette réforme. "En comparant, pour 588 parkings dans 183 villes de France métropolitaine, les tarifs de juin 2015 avec les tarifs pratiqués en septembre 2013, juste avant l'adoption de la réforme, l'association met aujourd'hui en lumière l'inacceptable dérapage des prix des parcs de stationnement", souligne son communiqué. Selon UFC-Que Choisir, le prix moyen d'une heure de stationnement est passé de 1,90 euros en 2013 à 2,04 euros en 2015, soit une augmentation de 7,4%, "sans aucun rapport avec l'inflation de 0,8 % sur la période".

"L'approche de l'entrée en vigueur du prix au quart d'heure a été l'occasion, pour les exploitants de parkings, d'une inflation artificielle", estime l'association de défense des consommateurs, avant d’ajouter : "ce dérapage tarifaire se constate plus particulièrement pour les 17% de parkings enquêtés qui sont déjà passés à la facturation au quart d'heure" et qui "ont augmenté leur prix à l'heure de 17,9% en moyenne, et même de 25,4% pour les parkings qui étaient auparavant gérés avec une facturation à l'heure".

… Et renchérit au final les prix. Non seulement les sociétés Effia, Autocité ou encore Vinci ont fait grimper leurs tarifs plus vite que l’inflation, mais le gain attendu est plus important que la perte provoquée par le passage à une facturation par quart d’heure. "Cette hausse exponentielle est d'autant plus choquante que, d'après nos reconstitutions de coûts, une hausse de 5,4% en moyenne est suffisante pour maintenir inchangé le chiffre d'affaires des parkings, du fait de la hausse de fréquentation engendrée par la plus grande rotation des véhicules." Mais plutôt que de se contenter de +5,4%, les entreprises citées ont préféré mettre la barre à 7,4%.

Certaines collectivités ont toutefois veillé à contrôler les prix, remarque l'organisation en notant que si "les prix des parkings se sont envolés de 14% et 19% à Lyon et Bordeaux, ils n'ont pas augmenté à Grenoble et Nancy". En effet, de nombreuses communes sont propriétaires de parking dont elles confient la gestion à des sociétés privées. Une délégation de service public qui ne signifie pas pour autant qu'elles perdent tout contrôle sur ceszones de stationnement. A condition de le vouloir.