Paiement par carte : le montant minimum de 15 euros, c'est fini ?

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Paiement par carte : le montant minimum de 15 euros, c'est fini ?
Aujourd'hui, un commerçant est libre de fixer le montant minimum d'un paiement par carte. Et pour cause : c'est lui qui doit négocier lui-même son contrat avec la banque.@ DENIS CHARLET / AFP
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BON PLAN ? - L'exécutif souhaite "faciliter l'utilisation" des cartes bancaires "y compris pour de petites sommes".

"Puis-je payer par carte bleue ? Pas en dessous de 15 euros". Ce type d'échanges avec votre commerçant est aujourd'hui courant. Mais peut-être plus pour longtemps. Le ministre des Finances, Michel Sapin, souhaite faire évoluer la règlementation pour "faciliter l'utilisation" des cartes bancaires "y compris pour de petites sommes", "sans que les commerçants soient eux-mêmes lésés".

"Je suis pour faciliter l'utilisation, y compris pour de petites sommes, des moyens de paiement modernes", a déclaré le ministre mercredi, lors de l'émission "Questions d'Info" LCP-France Info-Le Monde-AFP.

La réglementation doit "évoluer". Aujourd'hui, un commerçant est libre de fixer le montant minimum d'un paiement par carte. Et pour cause : c'est lui qui doit négocier lui-même son contrat avec la banque. Pour pouvoir proposer un paiement par carte, les commerçants doivent, en plus de s'équiper du matériel nécessaire, payer une commission à leur établissement bancaire. Et pour de nombreux commerces, il n'est pas rentable de faire payer par carte en dessous d'un certain montant.

"Pour les commerçants, aujourd'hui, pour des raisons de modalité de rémunération des banques, un paiement par carte en dessous de quinze euros, cela commence à coûter par rapport à la somme au commerçant. C'est cela qu'il faut modifier. Je suis donc favorable à ce qu'on fasse évoluer la réglementation sur ce point", "sans que les commerçants eux-mêmes ne soient lésés", a poursuivi le ministre des Finances.

Qui va payer les frais ? Mais Michel Sapin s'est pour l'heure montrer avare en détails. "Cela passe par une discussion - elle est en cours - avec les banques pour que nous puissions faire évoluer les modalités de rémunération. Dans les jours qui viennent nous aurons la capacité de faire évoluer les choses", a-t-il simplement indiqué.

L'équation n'est pas simple pour faire de ce projet un vrai avantage pour le consommateur. Si le gouvernement ne veut pas "léser" les commerçants, le gouvernement peut : soit les indemniser, ce qui pourrait coûter cher  au contribuable, soit faire assumer les frais aux banques, qui risquent ensuite de les répercuter à ses clients sur d'autres services. Les "discussions" s'annoncent serrées.